Home MondePourquoi il n’y a pas de villes sanctuaires pour immigrants en Floride et au Texas

Pourquoi il n’y a pas de villes sanctuaires pour immigrants en Floride et au Texas

by Clara Dubois

La Floride et le Texas sont à l’avant-garde d’une politique ferme contre les “villes sanctuaires”, interdisant aux collectivités locales de limiter leur coopération avec les autorités fédérales en matière d’immigration. Ces mesures, renforcées ces dernières années, visent à garantir l’application des lois fédérales sur l’immigration à tous les niveaux de gouvernement.

En Floride, la loi SB 168, promulguée en 2019 par le gouverneur Ron DeSantis, a créé un nouveau chapitre dans les statuts de l’État dédié à l’application des lois fédérales sur l’immigration. Cette loi interdit explicitement aux forces de l’ordre locales de restreindre leur collaboration avec les agences fédérales chargées de l’immigration. DeSantis avait alors déclaré : « J’ai promis d’interdire les villes sanctuaires en Floride et aujourd’hui, nous tenons cette promesse. »

La loi SB 168 oblige également les comtés à signer des accords avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) pour détenir des personnes dans le cadre de procédures d’immigration, en échange d’une compensation financière. Elle donne par ailleurs au gouverneur et au procureur général le pouvoir d’engager des poursuites contre les fonctionnaires qui ne respecteraient pas ces obligations.

L’ACLU (American Civil Liberties Union) de Floride s’est fermement opposée à cette loi, arguant qu’elle oblige les comtés à utiliser leurs ressources pour des tâches fédérales sans financement adéquat et qu’elle ouvre la voie à d’éventuels abus.

En avril 2023, la Cour d’appel du 11e circuit a confirmé la validité de la loi, annulant une décision antérieure qui en avait bloqué certaines parties. La cour a estimé que les organisations plaignantes n’avaient pas démontré de préjudice concret ni de discrimination raciale.

Quatre ans après l’adoption de la SB 168, la Floride a renforcé son dispositif avec la SB 1718 (2023). Cette nouvelle loi maintient l’obligation de coopération avec les autorités fédérales et interdit aux gouvernements locaux de financer des cartes d’identité pour les personnes en situation irrégulière. Elle prévoit également des sanctions pour les employeurs qui embauchent des travailleurs sans autorisation, rend obligatoire l’utilisation du système E-Verify pour les entreprises de 25 employés ou plus, et exige que les hôpitaux qui acceptent Medicaid demandent aux patients de préciser leur statut juridique.

Le Texas a pris des mesures similaires avec la SB4 en 2017. Le gouverneur Greg Abbott l’a qualifiée d’interdiction formelle des “villes sanctuaires”, affirmant : « En tant que gouverneur, ma priorité absolue est la sécurité publique, et ce projet de loi poursuit cet objectif en gardant les criminels dangereux hors de nos rues. »

La loi texane oblige les agences locales à coopérer avec l’ICE et à se conformer aux ordres de détention. Elle autorise également les agents de police à interroger les personnes sur leur statut juridique lors de contrôles routiers et interdit aux autorités locales d’adopter des politiques qui entraveraient cette pratique.

La SB4 prévoit des sanctions sévères pour les entités qui la violeraient, allant jusqu’à 25 500 dollars par jour d’infraction, le licenciement des fonctionnaires et des poursuites pénales pour les chefs de police qui ne respecteraient pas les ordonnances fédérales.

En 2017, le gouverneur Abbott a bloqué 1,5 million de dollars de fonds publics destinés au comté de Travis (où se trouve Austin) après que la shérif Sally Hernández ait annoncé qu’elle ne se conformerait pas à tous les mandats d’arrêt émis par l’ICE. Abbott a souligné que les juridictions locales devaient respecter les lois sur l’immigration.

Le Texas a également mis en place un système de contrôle étatique permettant à quiconque de déposer une plainte auprès du procureur général si une ville ou un comté adoptait une politique décourageant l’application des lois sur l’immigration. Si la plainte était jugée fondée, l’État pouvait engager une action en justice et retirer les fonds à l’entité concernée.

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