L’abstention de la Chine lors du vote d’une résolution américaine sur Gaza, jugée « effroyablement coloniale », a suscité des interrogations. L’ancien diplomate américain Chas W. Freeman Jr. apporte un éclairage sur les raisons stratégiques qui pourraient expliquer ce choix.
Après une discussion approfondie avec le professeur John Mearsheimer dans le cadre d’une série d’articles sur Gaza et le monde, l’absence de veto de la Russie et de la Chine a interpellé. C’est peu après que Chas W. Freeman Jr., expert reconnu de la Chine et de la diplomatie en Asie occidentale, a analysé la transcription de cet échange et a partagé ses réflexions.
Selon Freeman, l’abstention chinoise n’est « pas du tout inexplicable ». Il avance plusieurs hypothèses sur le raisonnement de Pékin :
« La Chine pratique une neutralité stratégique, évitant de prendre parti dans les conflits entre pays tiers avec lesquels elle entretient des relations. » explique Freeman. Il souligne également que la Chine a traditionnellement tendance à se conformer au consensus arabe, qui, selon lui, a malheureusement approuvé une version du plan de l’ancien président américain Donald Trump pour Gaza.
Freeman suggère que la Chine, tout comme la Russie, partage l’avis selon lequel le plan Trump pour Gaza est irréalisable et qu’il nuira à la réputation des États-Unis. Dans ce contexte, il se demande : « Pourquoi s’efforcer de l’empêcher ? »
Enfin, il estime que la Chine ne sera critiquée que par ceux qui désapprouvent la position de leur propre gouvernement sur cette question, et qu’elle privilégie les relations avec les acteurs en place, sans pour autant soutenir ceux qui sont marginalisés.
Bien qu’il aurait souhaité une position différente de la Chine, l’analyste ne s’en montre pas surpris. Ces réflexions font écho à une conversation plus large qu’il avait eue en septembre dernier, consacrée au « génocide de Gaza et à l’ordre mondial en mutation », et qui avait contribué à lancer la série d’articles « Gaza et le monde ».
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