Face à la flambée des coûts des médicaments et aux difficultés de recrutement, les hôpitaux américains se tournent de plus en plus vers la centralisation de leurs pharmacies, une stratégie qui promet une meilleure gestion des stocks, une réduction des dépenses et une amélioration des soins aux patients.
Alors que la traçabilité des produits est devenue une norme pour les consommateurs – on suit aisément un colis de l’entrepôt à son domicile – le secteur de la santé peine à localiser, quantifier et suivre les dates de péremption des médicaments, parfois coûteux. Plus de 80 % des directeurs de pharmacie signalent des pénuries de techniciens, aggravant les pressions financières et opérationnelles.
La consolidation hospitalière et la concurrence accrue obligent les établissements à optimiser leurs ressources. La pharmacie, souvent l’un des postes de dépenses les plus importants, est donc au cœur de cette transformation. Les modèles de pharmacie centralisés, qui regroupent les opérations au sein d’un hub unique, offrent une solution prometteuse.
En consolidant les achats et en utilisant des données d’inventaire en temps réel, les hôpitaux peuvent éviter le gaspillage et les commandes d’urgence coûteuses. Les opérations de préparation centralisées permettent de libérer les pharmaciens cliniciens des tâches routinières, leur permettant de se concentrer sur la gestion personnalisée des médicaments et l’éducation des patients. Une plateforme centralisée normalise également les protocoles pharmaceutiques, facilitant l’intégration de nouveaux établissements.
Baptist Health, basé dans le Kentucky, est un exemple concret de cette tendance. En créant un centre de services pharmaceutiques centralisé intégrant la robotique de distribution et l’analyse des stocks, le système de santé a amélioré la transparence de ses stocks et réduit les délais de livraison. Ballad Health, dans le Tennessee, a également constaté des économies de coûts et une sécurité accrue des médicaments grâce à l’automatisation de la distribution.
L’intégration technologique est déjà bien avancée, avec 86 % des équipes utilisant des armoires de distribution automatisées. Les services pharmaceutiques centralisés vont plus loin, en utilisant la robotique, l’intelligence artificielle et l’analyse avancée pour optimiser la gestion des stocks, prévoir la demande et améliorer les initiatives cliniques, comme la surveillance des médicaments et la médecine de précision.
À terme, cette centralisation pourrait ouvrir la voie à une pharmacie autonome, où les médicaments seraient gérés et suivis avec un minimum d’intervention humaine, garantissant une plus grande exactitude, efficacité et sécurité. « La centralisation des opérations pharmaceutiques n’est pas seulement une logistique intelligente, c’est une étape charnière vers la pharmacie du futur », conclut l’article.