Après des années de discussions, la question de l’abolition des changements d’heure saisonniers refait surface en Europe. Relancée par l’Espagne, la proposition de mettre fin aux ajustements d’horloge au printemps et à l’automne suscite un nouvel élan, malgré les blocages antérieurs.
Le débat a été rouvert au Parlement européen à Strasbourg jeudi dernier, avec une intervention du responsable des transports de l’Union européenne, Apostolos Tzitzikostas. Il a insisté sur la nécessité de mettre un terme à ce système, qu’il juge préjudiciable à la santé et frustrant pour la population. « La commission a décidé d’entreprendre une analyse plus approfondie à travers une étude détaillée sur laquelle nous travaillons actuellement, pour soutenir la prise de décision future sur cette question », a-t-il déclaré. « Mon objectif est d’aller de l’avant. Le moment est venu d’arrêter enfin les changements d’heure saisonniers chaque année. »
L’idée d’abandonner les changements d’horloge avait été initialement suggérée par l’Union européenne en 2018, mais n’a pas abouti en raison de l’opposition de certains États membres. Selon les règles européennes, toute proposition législative doit être approuvée à la fois par le Parlement européen et par les États membres.
L’Espagne a relancé le dossier au niveau des ministres européens de l’énergie, avec le soutien de la Pologne et de la Finlande, selon un diplomate européen. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a exprimé son point de vue sur le réseau social X : « Changer l’heure deux fois par an n’a plus de sens. Cela permet à peine d’économiser de l’énergie et a un effet négatif sur la santé et la vie des gens. »
Des études ont démontré que les changements d’heure peuvent avoir des conséquences négatives sur l’économie et le bien-être des citoyens. Les propositions antérieures de Bruxelles laissaient à chaque État membre la liberté de choisir de rester à l’heure d’hiver ou d’été en permanence.
La pratique d’avancer les horloges au printemps avait été instaurée dans les années 1970, suite à la crise pétrolière, dans le but d’économiser l’énergie. Cependant, le commissaire européen a souligné que cet objectif n’est plus atteint. De plus, l’harmonisation croissante du marché intérieur de l’UE rend les décalages horaires entre les différents pays problématiques pour les secteurs de l’énergie et des transports.
Une consultation publique organisée en 2018 avait recueilli le soutien de près de quatre millions de personnes dans les 28 États membres de l’Union européenne (avant le Brexit). M. Tzitzikostas a affirmé être en contact avec les États membres pour faire progresser ce dossier, qui bénéficie d’un large soutien populaire.
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