Home MondePourquoi les actions de Trump au Venezuela pourraient créer un précédent pour les régimes autoritaires du monde entier

Pourquoi les actions de Trump au Venezuela pourraient créer un précédent pour les régimes autoritaires du monde entier

by Clara Dubois

Publié le 5 janvier 2026 à 10h33. L’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, une action sans précédent, ouvre la voie à une intervention directe de Washington dans les affaires vénézuéliennes et soulève des inquiétudes quant à la stabilité régionale et à l’ordre international.

  • L’administration Trump a annoncé la destitution de Maduro et son intention de « diriger » le Venezuela jusqu’à la tenue d’élections.
  • Cette intervention militaire, menée sans pertes américaines, suscite des craintes quant à un possible chaos et à une instabilité prolongée au Venezuela.
  • L’opération américaine pourrait encourager d’autres régimes autoritaires à défier le droit international et à justifier des interventions similaires.

Donald Trump a franchi une nouvelle étape dans sa politique étrangère en ordonnant la capture de Nicolás Maduro, affirmant ainsi sa volonté de reprendre le contrôle des ressources pétrolières vénézuéliennes et d’imposer un changement de régime. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse depuis Mar-a-Lago, en Floride, et marque une intervention directe sans précédent dans les affaires intérieures du Venezuela.

Selon l’administration américaine, le secrétaire d’État Marco Rubio aurait eu un entretien avec la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez, qui aurait déclaré : « Nous ferons ce dont vous avez besoin… Elle, je pense, a été assez gentille, mais elle n’a vraiment pas le choix. » Trump a précisé que les États-Unis pourraient déployer des troupes sur le terrain si nécessaire, sans pour autant fournir de détails précis sur la nature de cette intervention.

Cette action audacieuse, saluée par Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, pose la question de la capacité des États-Unis à gouverner le Venezuela à distance et de l’impact que cette intervention aura sur la région. Des experts, comme le groupe de réflexion International Crisis Group, ont averti dès octobre que la chute de Maduro pourrait entraîner une escalade de la violence et une instabilité généralisée. Des simulations de crise menées par l’administration Trump en 2025 avaient également prédit un scénario chaotique, avec des factions armées rivales se disputant le pouvoir.

L’incertitude s’est installée au Venezuela après la capture de Maduro | PEDRO MATTEY/AFP

L’intervention américaine au Venezuela, bien que présentée comme une opération réussie sans pertes américaines, s’inscrit dans un contexte de tentatives passées de changement de régime qui se sont souvent soldées par des échecs et des conséquences désastreuses. L’Irak, après l’invasion de 2003, et l’Afghanistan, après deux décennies d’intervention, en sont des exemples frappants. L’histoire des interventions américaines en Amérique latine, notamment en Haïti en 1994, ne laisse pas présager un avenir radieux, le pays étant aujourd’hui plongé dans une crise politique et sociale profonde.

Trump a également annoncé une nouvelle doctrine, qu’il a baptisée « Doctrine Monroe », en référence à la déclaration de 1823 qui avertissait les puissances européennes de ne pas s’immiscer dans les affaires de l’hémisphère occidental. Il a affirmé que l’influence américaine dans la région ne serait plus remise en question, lançant même un avertissement direct au président colombien Gustavo Petro et suggérant des actions similaires contre le Mexique. Cuba, dont les parents de Marco Rubio sont originaires, est également considéré comme une cible potentielle.

L’intervention au Venezuela met en lumière la convoitise de Trump pour les ressources naturelles des autres pays. Il a déjà tenté de tirer profit des ressources ukrainiennes en échange d’une aide militaire et ne cache pas son intention de contrôler les vastes réserves pétrolières du Venezuela, qu’il considère comme un moyen de compenser les compagnies pétrolières américaines pour les expropriations ordonnées par Hugo Chávez.

« Nous allons extraire une énorme quantité de richesse du sol, et cette richesse ira au peuple vénézuélien, ainsi qu’aux personnes hors du Venezuela qui vivaient au Venezuela, et elle ira également aux États-Unis d’Amérique sous forme de remboursement. »

Donald Trump, président des États-Unis

Cette action américaine soulève également des inquiétudes quant au respect du droit international et à l’ordre mondial. Des alliés européens, tout en cherchant à ne pas froisser Washington, s’efforcent de concilier leur soutien au droit international avec la réalité d’une intervention qui viole clairement la Charte des Nations Unies. La Chine a condamné l’opération, la qualifiant d’acte hégémonique et de violation de la souveraineté vénézuélienne. Reuters

Le sénateur américain Mark Warner a exprimé sa crainte que cette intervention ne serve de précédent pour d’autres pays, notamment la Chine vis-à-vis de Taïwan et la Russie vis-à-vis de l’Ukraine. Déclaration du sénateur Warner

Donald Trump a exclu la possibilité que María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix 2025, puisse diriger le Venezuela, estimant qu’elle ne bénéficie pas du soutien nécessaire. Il a également apporté son soutien à la vice-présidente Delcy Rodríguez, suggérant une possible collusion interne qui aurait facilité la capture de Maduro. L’avenir du Venezuela reste incertain, avec une armée potentiellement hostile et des groupes armés divers qui pourraient s’opposer à l’intervention américaine.

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