Home SantéPourquoi les femmes courent un risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques

Pourquoi les femmes courent un risque plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques

by Sophie Martin

Publié le 16 octobre 2024. Une étude de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) révèle que la présence d’une double dose du gène Kdm6a, typique des femmes, pourrait expliquer leur plus grande vulnérabilité face à des maladies neurologiques comme la sclérose en plaques et la maladie d’Alzheimer en augmentant l’inflammation cérébrale.

  • Des scientifiques ont identifié le gène Kdm6a, situé sur le chromosome X, comme un facteur clé de l’inflammation cérébrale chez les femmes.
  • La double dose de ce gène, fréquente chez les femmes, provoque une réponse inflammatoire plus intense que chez les hommes.
  • Des recherches suggèrent que la metformine, un médicament antidiabétique, pourrait inhiber l’action de Kdm6a et offrir une protection contre ces maladies.

Des recherches récentes ont permis de mieux comprendre pourquoi les femmes présentent un risque accru de développer des maladies neurodégénératives telles que la sclérose en plaques et la maladie d’Alzheimer. L’équipe de l’UCLA a découvert que le gène Kdm6a, qui code pour une histone déméthylase impliquée dans la régulation des gènes inflammatoires, joue un rôle déterminant dans cette vulnérabilité.

Contrairement aux hommes, les femmes possèdent deux copies du chromosome X, et donc du gène Kdm6a. Or, ce gène échappe à l’inactivation habituelle du chromosome X, ce qui entraîne une surexpression chez les femmes. Cette surcharge génétique induit une inflammation cérébrale plus importante, augmentant ainsi leur sensibilité aux maladies neurologiques.

Selon le étude publiée dans Science Translational Medicine, la désactivation de Kdm6a ou de sa protéine associée réduit significativement la progression de la maladie chez les modèles animaux femelles, alors que l’effet est minime chez les mâles.

« Cela affecte à la fois la santé et les maladies neurologiques »

Rhonda Voskuhl, directrice du programme de sclérose en plaques à UCLA Health

L’analyse de la microglie humaine – les cellules immunitaires du cerveau – a confirmé une expression plus élevée de Kdm6a chez les femmes et une dérégulation génétique plus marquée chez celles atteintes de sclérose en plaques. Les travaux ont également montré que la metformine, un médicament couramment utilisé pour traiter le diabète de type 2, inhibe la fonction de Kdm6a et exerce des effets protecteurs sur les modèles animaux femelles, sans effet notable chez les mâles.

Ces découvertes ouvrent la voie à des traitements personnalisés, tenant compte du sexe et du profil génétique de chaque patient. L’UCLA Health souligne que la metformine pourrait devenir une alternative thérapeutique pour les femmes atteintes de sclérose en plaques ou à risque de développer la maladie d’Alzheimer, en raison de sa capacité à inhiber Kdm6a.

L’influence des œstrogènes est également un facteur important. Pendant l’âge fertile, ils exercent un effet anti-inflammatoire et neuroprotecteur, neutralisant l’action du chromosome X. Cependant, la ménopause et la diminution des œstrogènes exposent les femmes aux effets néfastes de l’inflammation cérébrale, ce qui coïncide avec un risque accru de maladies neurodégénératives.

Les chercheurs estiment que maintenir un équilibre entre inflammation cérébrale et protection hormonale sera essentiel pour préserver la santé neurologique des femmes, en particulier pendant la ménopause.

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