Publié le 26 décembre 2023 07:34:00. De nombreuses femmes constatent une diminution de leur tolérance à l’alcool avec l’arrivée de la ménopause, un sujet souvent tabou mais lié à des changements biologiques et hormonaux importants.
- La tolérance à l’alcool diminue souvent avec la ménopause, entraînant une ivresse plus rapide et des gueules de bois plus sévères.
- Le ralentissement du métabolisme, les fluctuations hormonales et les changements dans la composition corporelle sont des facteurs clés.
- Adopter une approche honnête, modérée et hydratée peut aider à gérer ces effets, notamment pendant les fêtes.
La ménopause, période de transition dans la vie d’une femme, s’accompagne de nombreux changements physiologiques. Parmi ceux-ci, un effet souvent méconnu : une diminution de la tolérance à l’alcool. Si vous avez remarqué que vous êtes plus sensible à l’alcool qu’auparavant, vous n’êtes pas seule. Le Dr Naomi Potter, spécialiste de la ménopause et fondatrice de Menopause Care, souligne que ce phénomène est extrêmement courant, bien que rarement évoqué ouvertement.
« C’est quelque chose que les femmes ont un peu de mal à admettre, mais c’est très fréquent », explique le Dr Potter. « Cela peut se manifester de différentes manières, mais la plupart des femmes signalent une baisse de leur tolérance. » Certaines témoignent ainsi être capables de boire une demi-bouteille de vin sans ressentir d’effets significatifs auparavant, alors qu’aujourd’hui, une quantité bien moindre suffit à les rendre ivres et à provoquer des maux de tête intenses le lendemain.
Ce changement peut également engendrer de l’anxiété et diminuer le plaisir associé à la consommation d’alcool. Mais quelles sont les raisons biologiques de cette sensibilité accrue ?
Le Dr Alisha Esmail, médecin généraliste et spécialiste de la ménopause au London Gynecology, explique que le ralentissement du métabolisme est un facteur important. « À mesure que nous vieillissons, surtout après la quarantaine, le métabolisme de presque tout le monde ralentit », précise-t-elle. « La façon dont notre corps traite les substances, y compris l’alcool, change donc. Notre corps décompose l’alcool plus lentement, il reste plus longtemps dans l’organisme, ce qui explique pourquoi de nombreuses personnes ressentent des effets secondaires plus prononcés et plus durables. »
Les modifications de la composition corporelle liées à l’âge jouent également un rôle. « Avec le ralentissement du métabolisme, notre corps a tendance à stocker davantage de graisse que de muscle », explique le Dr Esmail. Or, la graisse n’absorbe ni ne stocke l’alcool aussi efficacement que les muscles. De plus, le foie, principal organe responsable de la détoxification de l’alcool, perd de son efficacité avec l’âge.
Les fluctuations hormonales propres à la ménopause viennent s’ajouter à ces facteurs. « Les œstrogènes influencent de nombreuses fonctions de l’organisme, y compris la manière dont nous traitons l’alcool et les toxines en général », souligne le Dr Esmail. « Les variations des niveaux d’œstrogènes pendant la ménopause peuvent donc perturber le métabolisme de l’alcool. »
La consommation d’alcool peut également exacerber les symptômes courants de la ménopause. Le Dr Potter la compare à « deux sœurs jumelles maléfiques travaillant ensemble pour aggraver les choses ». Elle précise que l’alcool peut notamment perturber le sommeil, déjà souvent affecté par la ménopause.
« Boire de l’alcool peut perturber le sommeil paradoxal, augmentant la probabilité de réveils nocturnes fréquents. Si cela s’ajoute aux troubles du sommeil liés à la périménopause, l’effet peut être amplifié. »
Dr Naomi Potter, spécialiste de la ménopause et fondatrice de Menopause Care
L’alcool peut également accroître l’anxiété et les bouffées de chaleur. « L’alcool est un vasodilatateur, c’est-à-dire qu’il ouvre les vaisseaux sanguins, ce qui est précisément ce qui se produit lors d’une bouffée de chaleur », explique le Dr Potter. « Boire peut donc intensifier et rendre plus fréquentes les bouffées de chaleur. »
Face à ces constats, comment reprendre le contrôle et gérer ces effets, surtout pendant les fêtes de fin d’année ? Les spécialistes proposent quelques conseils.
Soyez honnête avec vous-même quant à votre consommation d’alcool. « Nous avons souvent tendance à minimiser la quantité que nous buvons », souligne le Dr Esmail.
Prenez des pauses et accordez-vous des périodes d’abstinence pour observer l’impact sur votre bien-être.
Acceptez que votre tolérance à l’alcool a changé et que vous ne pouvez plus boire comme dans votre jeunesse. « Il est important d’accepter que vous ne pourrez probablement pas boire comme vous le pouviez dans la vingtaine », conseille le Dr Potter. « Ajuster votre style de vie et repenser vos habitudes sociales peut faciliter les choses. »
Restez hydraté en buvant beaucoup d’eau, car l’alcool a un effet diurétique. Envisagez également de consommer des électrolytes.
Alternez les boissons alcoolisées et non alcoolisées, ou buvez un grand verre d’eau après chaque boisson alcoolisée (« la méthode des rayures zébrées »).
Ne buvez jamais à jeun et prenez un repas riche en nutriments avant de commencer à boire.
Enfin, n’hésitez pas à explorer les options de boissons sans alcool, qui sont de plus en plus nombreuses et savoureuses. « Il existe aujourd’hui sur le marché des boissons non alcoolisées étonnantes qui vous donneront l’impression de trinquer avec un verre festif », conclut le Dr Potter.
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