Publié le 26 novembre 2023 à 16h32. Le prince Harry et plusieurs personnalités britanniques poursuivent en justice les éditeurs du Daily Mail pour des pratiques présumées illégales de collecte d’informations s’étendant sur plusieurs décennies, une affaire qui pourrait aboutir à un procès retentissant en janvier prochain.
- Le prince Harry, Elizabeth Hurley, Elton John et d’autres accusent Associated Newspapers (ANL) d’avoir eu recours à des méthodes illégales telles que l’écoute téléphonique et le piratage informatique.
- Une audience préliminaire est prévue aujourd’hui pour préparer le procès, qui devrait débuter en janvier 2024.
- L’affaire intervient après des règlements similaires avec d’autres groupes de presse, dont News Group Newspapers (NGN), éditeur de The Sun.
L’action collective vise à dénoncer des pratiques de surveillance illégale présumées mises en œuvre par ANL entre 1993 et 2011. Les plaignants allèguent que le groupe a engagé des détectives privés pour installer des micros dans leurs voitures et leurs domiciles, rémunéré des policiers pour obtenir des informations confidentielles, et accédé illégalement à des dossiers médicaux et financiers.
Les avocats des demandeurs affirment détenir des preuves accablantes de ces activités criminelles et de violations flagrantes de la vie privée. Ils qualifient les accusations portées contre ANL de « diffamations absurdes » et dénoncent une « pêche à l’information » de la part des plaignants.
Outre le prince Harry, l’actrice Elizabeth Hurley, l’actrice Sadie Frost, Sir Elton John et son mari David Furnish, la baronne Doreen Lawrence, mère de Stephen Lawrence, et Sir Simon Hughes, ancien homme politique libéral-démocrate, figurent parmi les plaignants. Tous sont représentés par l’avocat David Sherborne.
En mars 2023, lors d’une audience préliminaire, le juge Matthew Nicklin a autorisé l’affaire à être portée devant les tribunaux, estimant qu’ANL n’avait pas réussi à obtenir le rejet des plaintes. Le juge a jugé que les réclamations n’étaient pas prescrites, malgré les arguments de la défense.
Plus récemment, en novembre 2023, un rebondissement est survenu avec l’affirmation d’un témoin clé, le détective privé Gavin Burrows, selon laquelle sa signature sur une déclaration attestant d’un piratage présumé avait été contrefaite. Burrows avait initialement affirmé avoir piraté des messages vocaux, mis sur écoute des lignes fixes et accédé à des informations financières et médicales à la demande d’un journaliste du Mail on Sunday. Il a ensuite rétracté cette déclaration, mais a réitéré son refus de la valider auprès des avocats d’ANL en septembre 2023. Il appartient désormais à M. Sherborne de décider s’il souhaite appeler M. Burrows à témoigner au procès.
Cette affaire intervient après un règlement conclu en février 2024 avec Mirror Group Newspapers (MGN) dans une affaire similaire de piratage téléphonique. En décembre 2023, le juge Fancourt avait conclu que le téléphone du prince Harry avait été piraté « dans une mesure modeste » entre 2003 et 2009, et lui a accordé 140 600 £ de dommages et intérêts. Plus d’informations sur l’affaire Harry contre MGN.
En février 2024, un accord a été conclu entre Harry et MGN sur les parties restantes de sa réclamation.
Il reste incertain si le prince Harry se rendra à Londres pour assister au procès contre ANL, qui devrait débuter en janvier prochain.
