Une proportion importante d’étrangers qui s’installent en Suisse finissent par repartir, révèle une étude récente de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Les ressortissants nord-américains sont particulièrement susceptibles de quitter le pays, avec un taux de réémigration dépassant les 80 % dans les dix ans suivant leur arrivée.
L’étude de l’OFS, portant sur les arrivées de 2015, montre qu’environ 60 % des étrangers ayant immigré en Suisse ont quitté le pays d’ici fin 2024. Ce chiffre cache des disparités significatives selon l’origine géographique. Si le taux de réémigration se situe autour de 50 % pour les personnes venues d’Amérique du Sud (56,4 %), d’Asie et d’Océanie (53,2 %) et d’Afrique (60,4 %), il atteint 60 % pour les citoyens des pays européens hors Union européenne (UE) et Association européenne de libre-échange (AELE).
Les Nord-Américains se distinguent particulièrement, avec un taux de réémigration de plus de 80 %. Cette tendance s’explique en partie par les contraintes liées aux permis de séjour et de travail. Contrairement aux citoyens de l’UE et de l’AELE, les Américains et les Canadiens n’ont qu’un accès limité au marché du travail suisse, souvent soumis à des quotas et à des contrats à durée déterminée.
Liliana Azevedo, sociologue au Centre de recherche suisse sur les migrations de l’Université de Neuchâtel, souligne que « les personnes qui immigrent en Suisse ne s’installent pas nécessairement ». Elle ajoute : « Le travail est ce qui lie les gens à la Suisse. Le chômage, ou les emplois précaires ou non qualifiés, sont autant d’obstacles pour rester dans le pays plus de quelques années. »
Le cas de Phillip, un Américain venu s’installer à Bâle en 2022 avec sa famille pour un emploi dans une entreprise pharmaceutique, illustre ces difficultés. Son permis étant lié à un poste temporaire, la famille a dû retourner aux États-Unis une fois son contrat terminé. « Nous voulions rester et vivre à Bâle, mais ce n’était pas possible », a-t-il confié. Un scénario similaire s’est produit pour Richard, un professeur invité dans une université suisse, dont le permis n’a pas pu être transféré à un autre poste après la fin de son séjour.
En 2024, on comptait 6 170 citoyens canadiens et près de 32 000 citoyens américains résidant en Suisse. Parmi ces derniers, 15 981 possédaient uniquement la nationalité américaine, tandis que 15 759 étaient de double nationalité suisse-américaine. Les communautés nord-américaines sont particulièrement concentrées dans les cantons de Zurich, Genève et Vaud, des régions reconnues pour leur caractère international.
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