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Poutine a jeté Lavrov en disgrâce après l’interruption du sommet avec Trump

by Nicolas Lefèvre

Publié le 6 novembre 2025 13h16. L’influence du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, semble décliner au sein du Kremlin, après l’échec de négociations avec un émissaire américain qui ont compromis une rencontre prévue entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Cet affaiblissement se traduit par une absence notable lors de réunions clés et un changement de responsabilités au sommet du G20.

  • Sergueï Lavrov a manqué une réunion cruciale du Conseil de sécurité russe consacrée à la possible reprise des essais nucléaires.
  • Il a été démis de son rôle de chef de la délégation russe au sommet du G20, remplacé par Maxim Oreshkin.
  • L’échec d’une conversation téléphonique avec un représentant de Donald Trump, concernant un sommet potentiel, est considéré comme un facteur déclenchant de cette perte d’influence.

L’absence de Sergueï Lavrov, 76 ans, lors de la réunion du Conseil de sécurité russe du 5 novembre, présidée par Vladimir Poutine, a suscité l’interrogation. Selon une source citée par le quotidien Kommersant, sa non-participation était un fait consommé, bien qu’il soit membre permanent du Conseil. Lors de cette réunion, Poutine a demandé l’élaboration de propositions concernant la reprise des essais nucléaires, une pratique que la Russie n’a plus employée depuis 1990.

Parallèlement, le Kremlin a annoncé un changement de cap concernant la représentation russe au sommet du G20. Dmitri Peskov, le secrétaire de presse du Kremlin, a indiqué jeudi que Maxim Oreshkin, chef adjoint de l’administration présidentielle, prendra la tête de la délégation russe, remplaçant ainsi Lavrov. RBC rapporte que cette décision a été prise par Poutine lui-même.

Cette situation intervient alors que Vladimir Poutine hésite à se rendre au sommet du G20 qui se tiendra cette année en Afrique du Sud, un pays signataire du Statut de Rome et donc tenu d’arrêter le président russe en vertu d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale. Poutine avait déjà renoncé à participer aux sommets du G20 à Bali en 2022 et des BRICS au Brésil en 2025 pour les mêmes raisons, laissant alors Lavrov assurer la représentation russe.

L’épisode qui semble avoir précipité la perte d’influence de Lavrov remonte au 21 octobre. Il avait alors eu une conversation téléphonique avec un émissaire de Donald Trump, dans l’espoir de finaliser les modalités d’un sommet Poutine-Trump à Budapest. Cependant, cet émissaire, identifié comme Marco Rubio, a conseillé à Trump d’annuler la rencontre. L’annulation du sommet a été suivie de nouvelles sanctions américaines contre les entreprises pétrolières russes Rosneft et Lukoil, les premières depuis le retour de Trump à la Maison Blanche.

Des sources proches de la situation, citées par The Moscow Times, indiquent que l’intransigeance du Kremlin, refusant un cessez-le-feu en Ukraine et demandant des concessions jugées excessives, a été la principale raison de cette annulation.

Suite à cet échange infructueux, Lavrov a réaffirmé sa position sur le conflit ukrainien, dénonçant un « régime nazi » à Kiev et insistant sur la nécessité d’éliminer les « causes profondes du conflit ». Il a averti qu’un cessez-le-feu immédiat ne ferait que permettre à l’Ukraine de rester sous l’influence de ce régime et que l’Occident continuerait à fournir des armes à Kiev pour mener des « actions terroristes » contre les infrastructures civiles russes. The Moscow Times rapporte que Lavrov a déclaré :

« Un cessez-le-feu immédiat conduirait au fait que la majeure partie de l’Ukraine « restera sous la direction du régime nazi » et que l’Occident « dotera » à nouveau les forces armées ukrainiennes d’armes pour « des actions terroristes sous la forme d’attaques contre l’infrastructure civile » de la Russie. »

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