Publié le 15 novembre 2025 23:01:00. Alors que le conflit en Ukraine entre dans sa quatrième année, une analyse de Foreign Affairs met en lumière une stratégie russe axée sur la pression militaire, l’affaiblissement économique et des ambitions géopolitiques, avec un hiver crucial pour l’issue de la guerre.
- La Russie vise à contrôler des régions clés pour l’économie ukrainienne et à maintenir Kyiv dépendante de Moscou.
- Le Kremlin mise sur l’épuisement économique de l’Ukraine pour la forcer à accepter ses conditions.
- La capacité de l’Ukraine à se défendre dépend de ses approvisionnements, de ses effectifs et du soutien occidental, notamment européen.
L’invasion russe de l’Ukraine approche de sa quatrième année, et les experts estiment que les prochains mois pourraient s’avérer décisifs. Une analyse récente publiée par le portail Foreign Affairs suggère que le Kremlin a élaboré une stratégie à trois volets pour l’hiver, combinant pression militaire, affaiblissement économique et ambitions géopolitiques.
Sur le plan militaire, Moscou cherche à endommager ou à prendre le contrôle de territoires essentiels à l’économie ukrainienne, dans le but de maintenir une dépendance durable de Kyiv vis-à-vis de Moscou. Après l’annexion de quatre régions, le Kremlin concentre désormais ses efforts sur trois zones stratégiques supplémentaires : Kharkiv, Mykolaïv et la ville portuaire d’Odessa.
Parallèlement, la Russie mise sur l’affaiblissement économique de l’Ukraine. L’idée est que si le pays est fragilisé sur le plan matériel, il pourrait être contraint d’accepter les exigences russes et de renoncer à son autonomie décisionnelle.
Enfin, le Kremlin nourrit des ambitions géopolitiques à long terme, visant à ramener l’Ukraine dans son orbite d’influence. Si Moscou parvenait à surmonter la résistance ukrainienne et à réduire le soutien international à Kyiv, elle retrouverait la position qu’elle occupait avant 2014.
Cependant, l’Ukraine n’est pas passive et peut influencer le cours des événements. Sa capacité à se défendre repose sur trois piliers : des approvisionnements suffisants en armes et en matériel, un nombre adéquat de soldats et la détermination à poursuivre les combats.
Dans ce contexte, l’Europe joue un rôle crucial en fournissant les munitions nécessaires à la survie des lignes de front ukrainiennes. Les États-Unis, quant à eux, ont adopté une approche plus prudente en matière de livraisons d’armes depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence.
« Les États-Unis ont pratiquement suspendu le transport de matériel militaire. La question reste ouverte de savoir si l’administration du président Trump autorisera l’achat d’armes de fabrication américaine là où les alliés de l’Ukraine ne disposent pas de leurs propres capacités – en particulier les systèmes Patriot. »
Experts de Foreign Affairs
Au-delà des questions d’armement, la situation des effectifs ukrainiens suscite des inquiétudes. Bien que l’Ukraine dispose d’un réservoir de citoyens potentiellement mobilisables, le nombre de fantassins aptes au combat diminue depuis près de deux ans.
Selon l’analyse de Foreign Affairs, si la manière dont Kyiv forme et intègre de nouvelles troupes ne change pas, il pourrait arriver un moment où il ne sera plus possible de tenir l’ensemble du front.
L’Ukraine est donc confrontée à un défi urgent : améliorer la qualité de la formation et accélérer l’intégration des nouveaux soldats dans les brigades, afin de maintenir sa supériorité opérationnelle. Le problème n’est pas un manque d’hommes, mais la capacité à créer des unités de combat efficaces.
« Le défi n’est pas de recruter, mais de renforcer la formation et de créer des équipes de combat à part entière. »
Analyse de Foreign Affairs
Ainsi, les mois d’hiver pourraient bien déterminer la direction que prendra la guerre en Ukraine.
