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Poutine craint un nouveau coup d’État alors que la Russie commence enfin à succomber

by Clara Dubois

Publié le 26 octobre 2025 16:52:00. L’économie russe est soumise à une pression croissante, tandis que le Kremlin durcit son régime et cherche des boucs émissaires face à des difficultés financières et militaires grandissantes. Des tensions internes et un isolement international accru fragilisent la position de Vladimir Poutine.

  • La Russie fait face à une crise bancaire potentielle en raison d’une dette non performante accumulée par le financement massif de l’industrie de la défense.
  • Le mécontentement populaire s’intensifie avec la pénurie de carburant et la flambée des prix, conséquence des attaques ukrainiennes contre les raffineries.
  • Les sanctions occidentales et la diminution des achats de pétrole russe par la Chine et l’Inde aggravent le déficit budgétaire et réduisent les revenus de l’État.

La situation économique russe se détériore rapidement, suscitant des inquiétudes au sein du Kremlin. Le Service fédéral de sécurité (FSB) a accusé l’ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovski et le Comité anti-guerre de complot putschiste, une manœuvre interprétée par les observateurs comme une tentative de Poutine de consolider son pouvoir en désignant des ennemis, selon le Daily Telegraph.

Les taux d’intérêt ont atteint 16,5 %, et les coûts de financement sont en hausse. Les banques russes ont massivement financé les entreprises de défense sans procéder à des contrôles de solvabilité rigoureux, créant un « pool sombre » de dettes qui pourrait dégénérer en crise bancaire. Des banquiers de premier plan reconnaissent la multiplication des restructurations de dettes et l’accumulation de créances douteuses. Bien que la banque centrale affiche un calme apparent, des sources internes craignent un choc financier brutal.

Le mécontentement se manifeste également dans les rues. De petites manifestations ont éclaté suite aux frappes de drones ukrainiens sur les raffineries, entraînant une pénurie de carburant et une augmentation d’environ 40 % des prix à la pompe. De longues files d’attente se forment devant les stations-service, et l’économie civile s’effondre, seule l’industrie de l’armement continuant à croître. Des acteurs du monde des affaires russes témoignent d’une pénurie de liquidités : « Personne n’a d’argent liquide », affirment-ils.

La pression extérieure s’intensifie également. Les États-Unis ont imposé des sanctions à Rosneft et Loukoïl et menacent de cibler les banques facilitant les paiements pour le pétrole russe. La Chine et l’Inde, autrefois acheteurs importants, réduisent leurs achats, ce qui affecte directement les revenus pétroliers de Poutine. Si les prix du pétrole ont connu un rebond temporaire, ils restent inférieurs à ceux de l’année précédente, forçant la Russie à vendre à prix réduit et à subir des pertes de revenus. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le financement intérieur est coûteux et rare, tandis que les marchés extérieurs se referment.

Le budget russe est plongé dans une spirale descendante. Le déficit budgétaire s’élève désormais à environ 2,6 % du produit intérieur brut (PIB). Les réserves du Fonds de richesse nationale (FWF) diminuent, et Moscou a recours à des augmentations d’impôts et à l’émission d’obligations à des taux d’intérêt supérieurs à 15 %. Le fardeau des intérêts pèse lourdement sur le budget, tandis que les banques disposent de moins de marges pour acheter des titres d’État en raison de leurs engagements financiers dans le secteur militaire.

Sur le plan stratégique, la Russie est à la traîne. Les sanctions entravent le progrès technologique et accroissent sa dépendance à la Chine. Pékin achète du pétrole russe, mais privilégie avant tout le développement de sa propre industrie. Les entreprises russes sont confrontées à la pression chinoise sur les prix, ce qui réduit leurs marges bénéficiaires.

En outre, le Kremlin semble anticiper une possible contestation de son pouvoir. En qualifiant le Comité anti-guerre d’« extrémiste », il cherche à délégitimer l’opposition en cas de changement de régime soudain. Mikhaïl Khodorkovski estime que seule une pression soutenue peut mettre fin à la guerre. Il souligne que les conditions actuelles – un étranglement économique, des tensions financières et un isolement international – sont propices à un tel scénario. Pour la première fois depuis plusieurs années, Vladimir Poutine semble avoir moins d’atouts en main.

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