Home SantéPOUX VAX2 : le vaccin oral pour saumon qui cherche à révolutionner le contrôle de la caligidose

POUX VAX2 : le vaccin oral pour saumon qui cherche à révolutionner le contrôle de la caligidose

by Sophie Martin

Publié le 12 octobre 2025 à 02h14. Un projet de recherche chilien promet de révolutionner la vaccination du saumon en passant d’injections stressantes pour les animaux à une administration orale plus douce, grâce à une technologie innovante basée sur des spores de bactéries.

  • Le projet Licevax2, financé par le FONDEF IT, vise à développer un vaccin oral contre la caligidose, une maladie parasitaire affectant le saumon atlantique.
  • La technologie BSSD (Bacillus subtilis Spore Surface Display) permet d’intégrer des antigènes à la surface de spores bactériennes résistantes, facilitant leur administration par l’alimentation.
  • Cette approche pourrait réduire le stress des poissons, améliorer leur bien-être et contribuer à une aquaculture plus durable.

La salmoniculture chilienne, un secteur économique majeur, dépend largement de la vaccination pour prévenir les maladies. Cependant, les vaccins injectables traditionnels présentent des inconvénients significatifs. Ils sont administrés très tôt dans la vie des poissons, souvent en écloserie, et leur revaccination en mer est complexe et source de stress pour les animaux. Cette manipulation peut affecter négativement leur santé et leur croissance.

Face à ce défi, les chercheurs du Centre Interdisciplinaire de Recherche en Aquaculture (INCAR) ont exploré des alternatives innovantes. Le projet Licevax2, dirigé par le Dr Cristian Gallardo-Escárate et piloté par la Dr. Valentina Valenzuela-Muñoz, s’est concentré sur le développement d’un vaccin oral. L’idée est d’incorporer directement l’antigène dans l’aliment du poisson, permettant ainsi une immunisation sans intervention physique.

« Dans la recherche de nouvelles stratégies pour contrôler la caligidose, nous avons identifié deux antigènes dans Caligus, le parasite qui affecte le saumon. Ces antigènes ont été évalués à plusieurs reprises par nos soins en tant que vaccins injectables, démontrant une grande efficacité en réduisant considérablement la charge parasitaire. Cependant, comme il s’agit de protéines recombinantes, leur utilisation dans l’industrie salmonicole présente des inconvénients, car il s’agit de vaccins dont les coûts de production sont élevés, impliquent une manipulation du poisson et sont difficiles à utiliser dans des étapes de production avancées », explique la Dr. Valenzuela-Muñoz.

La clé de cette approche réside dans la technologie BSSD. Cette technique permet d’afficher des protéines à la surface des spores de Bacillus subtilis, des bactéries capables de former des spores résistantes en cas de stress. « Les spores sont un véhicule attractif pour les antigènes car elles sont très résistantes aux conditions de stress, en plus de stimuler la réponse muqueuse, et elles sont faciles à produire et à mettre à l’échelle », précise le directeur du projet.

Cette résistance est particulièrement importante lors de la fabrication des aliments pour poissons, qui implique des étapes à haute température, comme le huilage. Les spores protègent l’antigène de la dégradation, garantissant ainsi son efficacité une fois ingéré par le poisson.

« La technologie BSSD représente une innovation de pointe qui n’a pas encore été utilisée en santé animale au Chili. Jusqu’à présent, les études se sont concentrées principalement sur les vaccins humains, ce qui ouvre une opportunité unique d’appliquer cette approche à l’aquaculture et d’évoluer vers des systèmes de vaccination plus efficaces et moins invasifs », souligne la Dr. Valenzuela-Muñoz.

Le projet Licevax2 prévoit une évaluation approfondie de cette technologie sur une période de deux ans. Les chercheurs détermineront la concentration optimale de spores à administrer par voie orale, ainsi que les proportions d’antigènes les plus efficaces pour réduire la charge parasitaire. Des tests seront également menés pour évaluer la durée de l’immunité et l’impact sur la muqueuse intestinale du poisson.

Une fois les formulations les plus prometteuses identifiées, des essais seront réalisés en étangs, puis en conditions réelles d’élevage en mer. L’objectif final est de valider un produit commercialisable qui puisse contribuer à une aquaculture plus durable et respectueuse du bien-être animal. Le projet bénéficie également de la participation d’AQUATRECK, une société pharmaceutique aquacole espagnole, spécialisée dans la santé des poissons.

Pour l’équipe INCAR, l’obtention du financement FONDEF IT est une étape cruciale vers la commercialisation d’une solution innovante pour l’industrie aquacole chilienne.

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