L’histoire méconnue de Sarah Rector, une jeune Afro-Américaine et Native Américaine devenue propriétaire d’un terrain pétrolifère en Oklahoma dans les années 1920, est au cœur du nouveau film de Cyrus Nowrasteh. « Sarah’s Oil » revisite une époque marquée par le racisme et la cupidité, tout en célébrant la détermination d’une jeune femme face à l’adversité.
En 1921, Sarah Rector, d’origine afro-américaine et amérindienne, se retrouve propriétaire de 160 acres (environ 65 hectares) de terres en Oklahoma, suite à l’application de la loi Dawes de 1887. Contre toute attente, elle est convaincue que ces terres, initialement considérées comme arides, recèlent du pétrole. Ses intuitions se confirment rapidement, attirant l’attention d’une compagnie pétrolière locale dirigée par un homme sans scrupules, interprété par Garret Dillahunt.
Le film suit les efforts de Sarah, incarnée par Naya Desir-Johnson, et de Bert (Zachary Levi), un allié ambigu, pour exploiter ce potentiel pétrolier. Bert, un personnage complexe tiraillé entre ses propres intérêts et une possible rédemption, apporte une dimension émotionnelle forte au récit. Ensemble, ils doivent surmonter les obstacles financiers et les manœuvres de la compagnie pétrolière, tout en apprenant à se faire confiance.
« Sarah’s Oil » prend quelques libertés avec les faits historiques, mais parvient à captiver le public grâce à un rythme soutenu et des performances solides. Naya Desir-Johnson offre une interprétation nuancée de Sarah, oscillant entre la sagesse précoce et l’innocence enfantine. Zachary Levi, quant à lui, campe un Bert à la fois roublard et attachant.
Le film aborde le racisme ambiant de l’époque sans tomber dans le didactisme ou la démonstration de vertu. Il montre comment les préjugés étaient profondément ancrés dans la société, touchant même les personnes les plus proches de Sarah. Cette approche, qui évite un regard anachronique, confère au film une pertinence particulière.
Bien que la résolution du conflit avec la compagnie pétrolière puisse sembler un peu trop rapide, le film parvient à conclure de manière satisfaisante, en rappelant l’importance de cette histoire méconnue. « Sarah’s Oil » résonne également avec d’autres œuvres explorant les injustices subies par les populations amérindiennes, à l’instar de « Killers of the Flower Moon », mais avec une approche plus accessible et moins graphique.
Le long-métrage, co-écrit par Cyrus et Betsy Nowrasteh, offre également une dimension spirituelle discrète, qui s’intègre naturellement à l’intrigue. « Sarah’s Oil » est donc une œuvre intelligente et émouvante, qui mérite d’être découverte.
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