La saga Predator prend un virage inattendu avec Predator : Badlands, un film qui inverse les rôles en faisant du chasseur une figure sympathique aux côtés d’une androïde déterminée. Cette nouvelle itération, lancée sur Hulu après le succès surprenant de Prey, divise déjà les fans et soulève des questions sur l’identité même de la franchise.
L’intrigue débute par un duel fratricide entre Dek (Dimitrius Schuster-Koloamatangi), un jeune Yautja considéré comme le plus faible de sa lignée, et son père. Déterminé à prouver sa valeur, Dek part à la recherche d’une créature légendaire, le Kalisk. Il croise alors le chemin de Thia (Elle Fanning), une androïde ayant perdu la moitié inférieure de son corps et qui doit être transportée par Dek. Leur alliance improbable se noue autour d’objectifs personnels : Dek cherche la reconnaissance, tandis que Thia aspire à retrouver sa « sœur ».
Si le film ne manque pas de scènes d’action spectaculaires et d’effets visuels soignés, il souffre d’un rythme effréné qui nuit à la clarté narrative. L’action, bien que présente, manque de la précision et de l’impact visuel que l’on attendrait d’un réalisateur comme James Cameron, se perdant dans une confusion visuelle. Le scénario, quant à lui, se révèle simpliste, s’adressant davantage à un public adolescent.
Predator : Badlands s’inspire de nombreux codes de la science-fiction, notamment d’Aliens, en introduisant une équipe d’androïdes stationnés sur la planète où rôde le Kalisk. Cependant, cette approche soulève une question pertinente à l’heure où l’intelligence artificielle menace de bouleverser la société : quelle est notre réaction face à un personnage synthétique et à notre capacité à nous identifier à ses qualités humaines ?
Le changement le plus radical réside dans la transformation du Predator lui-même. Loin d’être une machine à tuer terrifiante, il est ici réduit au rang de protagoniste, ses motivations familiales étant mises en avant. Cette perte d’aura et de mystère est l’un des principaux reproches adressés au film. Le Predator, autrefois symbole de peur et de danger, devient presque ordinaire.
En définitive, Predator : Badlands fonctionne mieux comme un film d’action indépendant que comme un véritable prolongement de la saga Predator. Sa classification PG-13 et son scénario peu ambitieux en font un divertissement léger, mais qui ne parvient pas à capturer l’essence de la franchise originale. Le film se contente de proposer des moments mignons et des arcs narratifs simplistes, sans jamais réellement défier le spectateur.
Sur le même sujet
