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Row breaks out over National Portrait Gallery claims that Churchill starved Indians

by Nicolas Lefèvre
La réaction frontale de Lord Andrew Roberts et de la Chambre des lords

La National Portrait Gallery de Londres est au cœur d’une vive polémique depuis septembre 2025, suite à l’installation d’une vidéo de l’artiste Helen Cammock. L’œuvre accuse Sir Winston Churchill d’avoir délibérément provoqué la famine au Bengale en 1943, déclenchant la colère d’historiens et de membres de la Chambre des lords.

L’installation, intitulée Persistence, propose une narration de 40 minutes où l’artiste livre ses réflexions personnelles sur des événements historiques et contemporains. Selon des informations rapportées par le Daily Express, l’œuvre ne se contente pas de viser Churchill ; elle établit un parallèle entre les « campagnes en Irlande » d’Oliver Cromwell, où il aurait « affamé les populations, en masse », et ce que Cammock décrit comme la « famine délibérée de la population indienne » sous Churchill.

Le contenu de l’exposition s’attaque à plusieurs figures historiques britanniques. Benjamin Disraeli et Cecil Rhodes y sont qualifiés de « vecteurs de violence », tandis que le peintre John Constable est décrit comme « privilégié ». L’installation étend également ses critiques à l’actualité politique, accusant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la famine massive de la population palestinienne.

La réaction frontale de Lord Andrew Roberts et de la Chambre des lords

La diffusion de ces accusations a provoqué une levée de boucliers immédiate. Lord Andrew Roberts de Belgravia, historien et ancien administrateur de la galerie, a adressé un courrier au professeur Shearer West, président par intérim du conseil d’administration, pour « protester dans les termes les plus fermes » contre l’installation.

La réaction frontale de Lord Andrew Roberts et de la Chambre des lords

L’historien a qualifié les accusations portées contre Churchill d’ « abjectes et viles », accusant l’institution de propager un « mensonge éhonté ». Cette lettre n’était pas isolée : elle a été cosignée par plus de 50 membres de la Chambre des lords, dont Lord Nicholas Soames, petit-fils de Winston Churchill, et Lord Michael Hintze, qui a siégé au conseil d’administration de la National Portrait Gallery entre 2017 et 2021.

La réaction frontale de Lord Andrew Roberts et de la Chambre des lords
Photo: The Tribune

Il n’aurait pas fait cela s’il était le maniaque génocidaire décrit par Mme Cammock dans son diatribe financée par le contribuable contre l’un de nos plus grands héros nationaux.

Lord Andrew Roberts, via The Independent

Cette virulence reflète un conflit plus profond sur la gestion de l’héritage de Churchill. Le Churchill Project, lancé par le Hillsdale College du Michigan, soutient que la famine du Bengale est devenue un outil pour les révisionnistes cherchant à discréditer le leader de guerre, comme le souligne The Independent.

Le débat historique sur la famine du Bengale de 1943

Au centre de la dispute se trouve l’interprétation des causes de la famine de 1943, qui a entraîné la mort d’environ 3 millions de personnes. Deux visions s’opposent radicalement dans ce dossier.

Artist cancels National Portrait Gallery show over censorship concerns | NBC4 Washington

D’un côté, Lord Roberts avance que la catastrophe a été déclenchée par un typhon le 16 octobre 1942, détruisant les récoltes de riz ainsi que les infrastructures routières et ferroviaires essentielles à l’approvisionnement. Il rappelle que Churchill a alerté son cabinet de guerre sur le fait que « les dures pressions de la guerre mondiale ont, pour la première fois depuis plusieurs années, apporté des conditions de pénurie, vergeant dans certaines localités à une famine réelle, en Inde » et qu’il a sollicité l’aide du président Roosevelt ainsi que des Premiers ministres du Canada et d’Australie pour envoyer des centaines de milliers de tonnes de grains.

De l’autre, une analyse plus critique persiste. Des chercheurs basés en Inde et aux États-Unis ont conclu en 2019 que la famine résultait d’un « échec politique complet » durant l’administration britannique. Cette nuance est cruciale : là où Roberts voit une catastrophe naturelle aggravée par la guerre, d’autres y voient une négligence criminelle ou une gestion défaillante des ressources impériales.

La position de la National Portrait Gallery face à la liberté artistique

Interrogée sur le choix d’exposer une œuvre aussi clivante, la National Portrait Gallery a adopté une posture de neutralité institutionnelle. L’établissement distingue sa collection permanente des interventions artistiques temporaires.

La position de la National Portrait Gallery face à la liberté artistique
Photo: Daily Express

À la NPG, en plus de nos propres expositions de collections permanentes, nous donnons également aux artistes l’occasion de créer des œuvres d’art en réponse à notre collection. Cette œuvre d’Helen Cammock, qui a été commandée en 2023 et est exposée temporairement à la NPG depuis septembre 2025, est créée et narrée par l’artiste et comprend ses réflexions personnelles sur des événements historiques et actuels. Nous soutenons la liberté d’expression artistique, sans pour autant nécessairement endosser les opinions exprimées par les artistes exposés à la Galerie.

Porte-parole de la National Portrait Gallery, via Daily Express

L’institution se place ainsi comme un espace de dialogue plutôt que comme un validateur de faits historiques. Cependant, pour les détracteurs de l’œuvre, l’utilisation d’un espace public prestigieux pour diffuser des accusations de génocide sans preuve historique consensuelle dépasse le cadre de la liberté artistique pour entrer dans celui de la désinformation.

L’affaire, rapportée également par The Tribune, illustre la fragilité du consensus sur les figures coloniales britanniques. Alors que Churchill reste l’un des Premiers ministres les plus respectés du Royaume-Uni, ses politiques en Inde et ses propos sur l’Empire continuent de nourrir des tensions mémorielles intenses, transformant un musée d’art en champ de bataille politique.

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