Publié le 8 novembre 2025 à 15h02. La prophylaxie pré-exposition (PrEP), un traitement préventif contre le VIH, se consolide à Comodoro Rivadavia, mais son accès reste limité et soulève des questions de prévention plus larges face à une augmentation des cas.
- La PrEP est proposée aux populations à risque, notamment celles qui ne peuvent pas utiliser de préservatifs ou qui sont exposées à des infections sexuellement transmissibles.
- Malgré les avancées thérapeutiques, le nombre de cas de VIH continue d’augmenter à Comodoro Rivadavia, en partie à cause d’un manque de campagnes de prévention et de distribution de préservatifs.
- L’accès à la PrEP nécessite une évaluation médicale rigoureuse et un suivi régulier en raison de potentiels effets secondaires.
À Comodoro Rivadavia, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) s’impose progressivement comme un outil essentiel dans la lutte contre le VIH. Cependant, son utilisation reste encadrée et réservée à des populations spécifiques, sous stricte surveillance médicale. Mirta Balcón, représentante de la Fondation Convivir, a expliqué le fonctionnement de ce traitement et les défis rencontrés par la ville en matière de prévention des infections sexuellement transmissibles.
La PrEP s’adresse principalement aux personnes qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas utiliser de préservatifs et sont donc exposées de manière régulière aux infections sexuellement transmissibles. Elle est également proposée aux personnes victimes de violence qui ne peuvent pas négocier l’utilisation d’une protection, ou aux couples où l’un des partenaires a une charge virale détectable.
« C’est un traitement administré depuis un certain temps, que l’on appelle la PrEP. Actuellement, il est utilisé dans des populations clés, par exemple des personnes qui, pour diverses raisons, n’utilisent pas de préservatifs et sont exposées en permanence aux infections sexuellement transmissibles. Aussi pour les personnes qui se trouvent dans des situations de violence et ne peuvent pas choisir d’utiliser ou non des préservatifs, ou pour les couples dont l’une des personnes a une charge virale détectable. »
Mirta Balcón, représentante de la Fondation Convivir
Pour l’heure, la PrEP est mise en œuvre principalement au sein de l’Hôpital Régional, où une évaluation par un infectiologue est systématiquement réalisée. L’objectif est de déterminer si le traitement est approprié et dans quelles conditions il peut être administré.
« L’accès à la PrEP n’est pas automatique. Il s’agit de médicaments comparables à ceux prescrits aux personnes séropositives, et leur prise prolongée nécessite une surveillance attentive », a précisé Mirta Balcón.
Le traitement peut entraîner des effets indésirables tels que des nausées, des vomissements, des allergies, des problèmes hépatiques ou une perte de calcium osseux, d’où l’importance d’un suivi médical régulier.
« Ce n’est pas une solution miracle qui permet d’abandonner les préservatifs. La PrEP est destinée à des populations spécifiques, à la discrétion de l’infectiologue qui suit le cas. Elle est efficace pour prévenir la transmission du VIH, mais exige une grande responsabilité et des contrôles périodiques. »
Mirta Balcón, représentante de la Fondation Convivir
Malgré les progrès de la PrEP et des traitements antirétroviraux, la situation du VIH à Comodoro Rivadavia reste préoccupante. Le nombre de cas continue d’augmenter, et la prévention demeure un défi majeur.
« À Comodoro, la situation reste inchangée en ce qui concerne le VIH. Les cas sont toujours en augmentation, et il n’y a pas de campagnes de prévention ni de formation à ce sujet. L’administration actuelle a cessé de fournir des préservatifs gratuitement via le système public, ce qui a entraîné une augmentation des diagnostics de VIH et de syphilis », a déploré Mirta Balcón.
Selon les estimations de la Fondation Convivir, environ 800 personnes vivent avec le VIH dans la ville, mais ce chiffre pourrait être sous-estimé en raison des lacunes dans les dossiers médicaux privés et du nombre de personnes qui interrompent leur traitement.
« Ces chiffres sont à prendre avec prudence. Les données ne sont pas exhaustives, le secteur privé ne communique pas toujours ces informations, et certaines personnes abandonnent leur traitement après avoir reçu un diagnostic », a-t-elle expliqué.
L’une des avancées les plus significatives de ces dernières années est la possibilité d’atteindre une charge virale indétectable grâce à une prise quotidienne de médicaments. Dans ce cas, le virus devient intransmissible, permettant aux personnes séropositives de vivre une vie sexuelle sans risque et de fonder une famille sans craindre de contaminer leur enfant.
« Aujourd’hui, si l’on prend le médicament quotidiennement, le virus devient indétectable, ce qui revient à dire intransmissible. Une personne séropositive peut avoir des relations sexuelles sans préservatif avec son partenaire, elle peut devenir mère par un accouchement naturel sans risque de transmission au bébé. La peur de mourir n’est plus là, mais il y a la peur de la réaction sociale, de la stigmatisation, du travail, de la famille. Aujourd’hui, grâce aux médicaments, l’espérance de vie est longue. »
Mirta Balcón, représentante de la Fondation Convivir
Mirta Balcón a souligné que, bien que la PrEP représente une avancée importante, sa mise en œuvre reste limitée et nécessite un soutien accru de la part du système de santé et des campagnes de sensibilisation auprès de la population.
« Le traitement est disponible, mais il n’atteint pas toutes les personnes qui en ont besoin. Il est essentiel de fournir des informations claires, d’assurer un suivi médical régulier et de faire de la prévention une priorité. C’est ainsi que nous pourrons réduire la transmission du virus et améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH », a-t-elle conclu.
À Comodoro Rivadavia, une combinaison de PrEP, d’éducation, de campagnes de prévention et d’accès aux traitements apparaît comme la stratégie la plus efficace pour lutter contre la transmission du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles. Toutefois, il est crucial de renforcer les politiques publiques et la sensibilisation sociale.
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