Publié le 5 janvier 2026 17h03. Les blessures liées aux feux d’artifice ont connu une forte augmentation lors du dernier réveillon, notamment aux urgences hospitalières, alors que l’interdiction prochaine de la vente de feux d’artifice grand public pourrait inciter à une prise de risque accrue.
Près de 1 239 personnes ont été soignées dans les postes de secours médicaux pour des blessures causées par des feux d’artifice au cours du dernier passage à la nouvelle année, soit une hausse de plus de 6 % par rapport à l’année précédente. Si le nombre de victimes accueillies en cabinet de médecins généralistes a légèrement diminué (4 %), une augmentation significative de 29 % a été constatée dans les services d’urgence des hôpitaux.
Ces chiffres alarmants sont issus du rapport annuel publié lundi par VeiligheidNL, centre de connaissances dédié à la prévention des blessures. « Les résultats indiquent qu’après plusieurs années de léger déclin, nous assistons désormais à une nouvelle augmentation », a déclaré Martijntje Bakker, directrice de l’organisation.
Selon Mme Bakker, cette recrudescence pourrait être liée à l’annonce probable d’une interdiction des feux d’artifice grand public à partir du prochain réveillon. « Il est possible que les gens aient voulu profiter une dernière fois de cette tradition », a-t-elle expliqué, soulignant que les médias avaient largement relayé l’information concernant la fin de la vente libre de ces produits et qu’un montant record avait été dépensé en feux d’artifice.
Le nombre de victimes accueillies aux urgences (474) est le plus élevé enregistré depuis le réveillon 2015-2016 (482 cas). « Ce chiffre est très préoccupant », a insisté Mme Bakker, « car les blessures prises en charge aux urgences sont généralement plus graves que celles traitées par les médecins généralistes. »
Cette gravité accrue se traduit notamment par un nombre d’amputations en forte hausse : une vingtaine de cas ont été recensés cette année, contre seulement dix l’année précédente. La NVPC, organisation de chirurgiens plasticiens, a signalé avoir soigné 93 patients blessés par des feux d’artifice, contre 62 l’année précédente.
Une proportion alarmante de victimes sont des enfants et des jeunes : plus de la moitié des blessés ont moins de 20 ans. « Nous avons constaté une augmentation du nombre d’enfants grièvement blessés après avoir ramassé des feux d’artifice non explosés », a précisé Mme Bakker. Ces derniers ont explosé lorsqu’ils ont tenté de les rallumer. Le nombre de victimes de moins de 12 ans prises en charge aux urgences a augmenté de 40 % par rapport à l’année précédente.
Les disparités régionales sont importantes. Selon une analyse du CNRC, les régions de Haaglanden, de Gelderland-Zuid et de Kennemerland ont enregistré le plus grand nombre de victimes pour 100 000 habitants, tandis que le Flevoland et le Zaanstreek-Waterland ont affiché les taux les plus faibles.
Les autorités de Haaglanden (dont La Haye) et de Gelderland-Zuid (dont Zaltbommel et Tiel) sont habituées à connaître des réveillons agités, comme le révèle un rapport du CNRC. La région de Kennemerland et la province de Drenthe semblent faire exception, avec une augmentation notable du nombre de victimes par rapport aux années précédentes.
« Les gens semblent avoir pris plus de risques en allumant des feux d’artifice cette année », a observé Mme Bakker, malgré les campagnes d’information sur les dangers et les mesures prises, telles que l’interdiction de l’utilisation de feux d’artifice dans certaines communes et l’interdiction de certains types de produits.
« Ces mesures ne suffisent manifestement pas à prévenir les blessures », a regretté Mme Bakker. Bien que l’importance du port de lunettes de protection soit régulièrement soulignée, seuls 7 % des victimes en portaient. « Nous pensons que la seule solution efficace serait une interdiction totale de la vente de feux d’artifice grand public aux particuliers », a-t-elle conclu.
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L’expérience des années de restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, durant lesquelles l’utilisation de feux d’artifice était totalement interdite, plaide en faveur de cette interdiction. Lors du réveillon 2020-2021, le nombre total de victimes accueillies en cabinet de médecins généralistes et aux urgences était inférieur à 400, soit un tiers du nombre enregistré lors du dernier réveillon.
Près de la moitié des blessures sont causées par des feux d’artifice illégaux. Mme Bakker a reconnu que ces produits ne disparaîtront pas immédiatement, mais elle espère qu’une interdiction générale contribuera à terme à changer les mentalités et à prévenir les blessures graves causées par ces engins dangereux.
Avec la collaboration de Roos Liefting