Publié le 23 octobre 2025 à 10h05. La Belgique conditionne son accord pour un prêt à l’Ukraine garanti par les avoirs russes gelés, exigeant une répartition équitable des risques juridiques et financiers entre les États membres de l’Union européenne.
- La Belgique réclame une garantie de partage total des risques juridiques liés à l’utilisation des avoirs russes gelés.
- Elle insiste également sur des mécanismes de protection en cas de restitution future de ces fonds.
- Enfin, elle souhaite que d’autres pays où sont détenus des actifs russes adoptent des mesures similaires.
La Belgique pourrait bloquer l’adoption d’un mécanisme de prêt à l’Ukraine adossé aux avoirs russes gelés si ses conditions ne sont pas satisfaites, a averti le Premier ministre Bart De Wever. Le pays, où transite une part importante de ces actifs via la société Euroclear, craint de supporter seul les conséquences potentielles de recours juridiques de la part de Moscou.
Selon Bart De Wever, il est impératif de s’assurer que toute décision concernant les avoirs russes ne se retourne pas contre l’Union européenne.
« Nous devons veiller à ce que toute décision de gel des avoirs russes ne se retourne pas contre nous. »
Bart De Wever, Premier ministre belge
Il a souligné que si ces conditions n’étaient pas remplies, il ferait « tout son possible » pour empêcher la validation de ce prêt.
Le Premier ministre belge met en garde contre un précédent juridique dangereux et les possibles représailles de la Russie, qui pourrait confisquer les biens d’entreprises européennes en réponse.
« Si vous voulez prendre des décisions qui n’ont jamais été prises dans l’histoire, vous devez partir d’une base juridique. »
Bart De Wever, Premier ministre belge
Il craint également que l’Europe, en agissant de manière imprudente, ne finisse par « aider Poutine au lieu de le punir » en offrant à la Russie des moyens de compenser ses pertes via des fonds européens.
Le projet de la Commission européenne prévoit d’accorder à l’Ukraine un prêt important, garanti par les avoirs russes gelés détenus par Euroclear. L’Ukraine ne serait tenue de rembourser ce prêt que si elle obtenait des réparations financières de la Russie. L’UE défend la légalité de cette approche, arguant qu’il s’agit d’un prêt et non d’une confiscation, laissant la possibilité à la Russie de récupérer ses fonds à l’avenir. Cependant, le Kremlin a fermement condamné cette initiative, menaçant de poursuivre en justice les pays et les individus impliqués. Plus d’informations sur les réactions internationales.
La Belgique estime qu’une répartition des risques est essentielle, car elle pourrait être la première à subir les conséquences juridiques ou financières d’une utilisation des avoirs russes. Certains observateurs soulignent également que cette situation pourrait inciter d’autres pays, comme la Chine et l’Inde, à se méfier de la sécurité de leurs avoirs dans les banques européennes, craignant des mesures similaires en cas de désaccord politique. Détails sur les exigences de l’Ukraine concernant l’utilisation du prêt.
Selon un article publié par UNIAN, l’Union européenne doit encore prendre une décision finale concernant ce prêt.
