L’engouement pour les examens médicaux préventifs de pointe, comme l’IRM corporelle, s’est récemment accru, alimenté par la curiosité du public et des pratiques controversées. Au-delà des questions de santé, l’affaire impliquant l’ancien président américain Donald Trump a mis en lumière les inégalités d’accès à ces technologies coûteuses et non remboursées.
L’IRM, contrairement aux radiographies ou aux scanners, n’utilise pas de rayonnements ionisants, ce qui constitue un avantage majeur. Sa sensibilité pour détecter diverses pathologies est également reconnue : elle est notamment plus performante que les autres méthodes pour le dépistage du cancer du sein et des affections cérébrales. Dans certains cas spécifiques, comme la recherche d’anévrismes cérébraux chez les personnes ayant des antécédents familiaux ou génétiques, l’IRM est déjà remboursée par les assurances.
L’intérêt porté à l’IRM corporelle par Donald Trump a suscité des interrogations, notamment concernant les organes spécifiquement examinés – son cœur, et plus énigmatiquement, son foie. Cette situation rappelle une mode similaire apparue il y a une vingtaine d’années avec la tomodensitométrie (scanner) corporelle, alors popularisée par les médias et proposée en libre-service, moyennant paiement direct, par de nombreux centres d’imagerie.
À l’époque, la tomodensitométrie du corps entier avait rapidement été critiquée en raison du nombre élevé de « faux positifs » détectés, entraînant des examens complémentaires coûteux et anxiogènes pour les patients. Cette vague avait coïncidé avec un débat sur le coût croissant des soins de santé aux États-Unis et avait contribué à l’adoption de la loi Obamacare. Les autorités sanitaires, notamment la FDA, s’étaient alors inquiétées des risques potentiels liés à l’exposition aux rayonnements et avaient mis fin à cette pratique.
Cependant, la tomodensitométrie a prouvé son utilité dans des domaines spécifiques, comme le dépistage du calcium coronarien, le dépistage du cancer du poumon et la coloscopie virtuelle. Ces applications, ensemble, constituent une forme de dépistage tomodensitométrique du corps entier.
Le cas de l’IRM corporelle soulève des questions similaires. L’utilisation de cette technologie par des personnalités publiques met en évidence les disparités en matière d’accès aux soins et le consumérisme croissant dans le domaine de la santé. Des critiques similaires avaient déjà émergé lorsque Barack Obama avait subi une coloscopie virtuelle pendant son mandat.
Aux États-Unis, les dépenses en médecine complémentaire et alternative s’élèvent à environ 30 milliards de dollars par an (environ 27,5 millions d’euros), sans preuve scientifique solide ni remboursement par les assurances. Pourtant, le simple fait de payer une franchise de 20 dollars (environ 18,5 euros) pour une consultation médicale ou une prescription peut être perçu comme inacceptable par certains.
L’avenir de l’IRM corporelle reste incertain. On observe déjà une augmentation du nombre de patients renvoyés pour des examens complémentaires après des résultats équivoques ou anormaux obtenus lors de ces analyses. La définition même d’un « faux positif » est sujette à débat : un nodule mammaire détecté lors d’une mammographie est souvent bénin, mais nécessite néanmoins une biopsie. L’anxiété et les coûts associés à cette procédure sont rarement remis en question.
Dans un contexte où la science est souvent complexe et sujette à interprétation, comme l’a démontré la pandémie de COVID-19, le choix individuel peut parfois primer sur les recommandations médicales établies.
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