Publié le 28 décembre 2025 à 18h04. Malgré un ralentissement de l’inflation générale des produits alimentaires, les prix continuent de varier considérablement, avec des hausses particulièrement marquées pour les agrumes, le cacao et le café, en raison de mauvaises récoltes et d’un climat défavorable.
- Les agrumes, et en particulier les oranges, ont vu leur prix augmenter de 23 %.
- Le cacao et le café affichent également des hausses significatives, de 23 % et 15 % respectivement.
- La faiblesse du franc suisse face aux autres devises contribue à l’augmentation des prix des produits importés.
Si l’augmentation générale des prix des denrées alimentaires s’est quelque peu atténuée, l’analyse des chiffres révèle des disparités importantes dans le panier du consommateur. Certains produits connaissent des hausses de prix bien plus importantes que la moyenne nationale.
Selon Statistique Suisse (SSB), la hausse moyenne des prix alimentaires s’élève à 4,2 %, mais certains groupes de produits subissent des augmentations dépassant les 20 %. Les produits importés des régions chaudes sont particulièrement touchés. Les mauvaises récoltes et le changement climatique sont pointés du doigt comme principaux facteurs explicatifs.
« Ce que nous observons est largement un phénomène mondial, caractérisé par de mauvaises récoltes et le changement climatique. »
Espen Kristiansen, chef de section de Statistique Suisse (SSB)
Le Brésil, premier producteur mondial de café et d’oranges, est particulièrement concerné. Les récoltes d’oranges y ont été décevantes, de même que celles de café. En Afrique de l’Ouest, des difficultés affectent la production de cacao, entraînant une hausse des prix.
Christian Anton Smedshaug, directeur général d’Agri Analyse, confirme cette tendance difficile pour les fruits et légumes. Des gelées printanières en Europe de l’Est ont réduit les rendements des pommes, des prunes et des abricots. La météo joue donc un rôle crucial, mais le coût croissant de la main-d’œuvre, nécessaire à la production fruitière et légumière, contribue également à l’augmentation des prix.
La faiblesse du franc suisse face aux autres devises aggrave la situation. Les produits alimentaires importés deviennent plus chers, impactant directement le pouvoir d’achat des consommateurs.
« Nous sommes affectés par le taux de change. Lorsque le franc est faible, les denrées alimentaires importées deviennent plus chères. »
Espen Kristiansen, chef de section de Statistique Suisse (SSB)
Les agriculteurs suisses doivent également compenser la hausse des coûts de main-d’œuvre pour attirer des travailleurs, dans un contexte européen où les salaires augmentent également.
Concernant les fruits de mer, la morue congelée et les produits transformés ont vu leur prix augmenter de 11 à 18 %. À l’inverse, les prix du saumon et de la truite frais et congelés ont baissé d’environ 8 %. Cette situation s’explique par un rééquilibrage des prix, la morue frisée comblant un écart par rapport à la morue fraîche.
Malgré ces difficultés, certains experts prévoient une stabilisation, voire une baisse, des prix de certains produits en 2026. Agri Analyse anticipe une augmentation globale des prix alimentaires de l’ordre de 3 %, soit un peu moins qu’en 2025. Des rendements de café plus favorables pourraient entraîner une baisse des prix dans les magasins au second semestre. Le prix des fèves de cacao a également légèrement diminué, laissant espérer une baisse du prix du chocolat.
Cependant, la météo reste un facteur d’incertitude majeur. Des conditions climatiques extrêmes pourraient compromettre les récoltes et relancer la hausse des prix. Statistique Suisse partage ce point de vue.
« Espérons que nous assisterons à une meilleure évolution des prix des oranges, du café et du cacao. Mais le danger de conditions météorologiques plus extrêmes constitue un risque. »
Espen Kristiansen, chef de section de Statistique Suisse (SSB)
D’autres produits pourraient également connaître des hausses de prix. Les quotas de pêche sont faibles et les pêcheurs réalisent de bonnes prises, ce qui pourrait entraîner une augmentation des prix du poisson. Les prix du saumon devraient également augmenter. La situation est également préoccupante pour la viande, en raison d’une pénurie internationale et du temps nécessaire pour reconstituer les stocks.
Évolution des prix de janvier à novembre 2025 :
- Les plus fortes augmentations :
- Agrumes : +23 %
- Cacao et chocolat en poudre : +23 %
- Pommes : +22 %
- Autres fruits frais : +22 %
- Baies fraîches : +21 %
- Les baisses de prix :
- Sucre semoule et sucre glace : -17 %
- Poires : -13 %
- Saumon/truite surgelés : -9 %
- Saumon/truite frais : -8 %
- Farine : -5,27 %
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