Publié le 31 octobre 2025 à 05h31. Le Cameroun prendra la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) en novembre, un mois chargé de consultations sur les crises en cours et les enjeux de paix et de sécurité sur le continent.
- Le CPS tiendra une retraite annuelle à Abuja, au Nigeria, pour évaluer ses méthodes de travail et renforcer son efficacité.
- Des consultations informelles seront organisées avec les pays en transition politique au Burkina Faso, en Guinée, au Mali, au Niger et au Soudan.
- La protection des journalistes, en particulier des femmes, et la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) seront au cœur des discussions.
Le programme de travail provisoire (PPoW) du CPS pour le mois de novembre prévoit cinq sessions thématiques et spécifiques à chaque pays, ainsi qu’une réunion consultative avec la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies (UNPBC). Toutes ces sessions se dérouleront au niveau des ambassadeurs.
Le mois débutera avec la 17e retraite annuelle du CPS, qui se tiendra à Abuja, au Nigeria, du 6 au 9 novembre. Cette année, l’accent sera mis sur l’amélioration des mécanismes existants pour une mise en œuvre plus efficace des décisions du Conseil. Une nouveauté marquera cette édition : une simulation des délibérations du CPS, impliquant quinze étudiants universitaires, afin de tester et d’enrichir les processus décisionnels. À la suite de la retraite, un forum sera consacré aux leçons tirées des opérations de maintien de la paix.
Le 11 novembre, le CPS abordera la question de la jeunesse, de la paix et de la sécurité (YPS) en Afrique, un thème annuel institutionnalisé depuis 2018. La session sera axée sur le lien entre migration, jeunesse et sécurité, en soulignant la vulnérabilité des jeunes africains contraints à l’exode en raison des inégalités et des systèmes de gouvernance extractifs. L’objectif est d’analyser comment la migration peut affecter la paix et la sécurité sur le continent.
Le CPS consacrera également une consultation informelle, le 13 novembre, aux pays en transition politique : le Burkina Faso, la Guinée, le Mali, le Niger et le Soudan. Ces consultations, introduites en avril 2023 suite à la 14e retraite du CPS, visent à établir un dialogue direct avec les représentants de ces pays, suspendus des activités de l’UA en raison de changements de gouvernement non constitutionnels, conformément à l’article 8 (11) du Protocole CPS. Le Conseil évaluera les progrès et les défis rencontrés dans ces transitions et examinera comment il peut soutenir la normalisation politique de ces États membres, en s’appuyant sur un document de référence prévu pour mars 2025. Plus d’informations sur les consultations informelles.
Le 14 novembre, le Conseil se penchera sur la question des médias, de la paix et de la sécurité, en commémorant la Journée internationale pour mettre fin à l’impunité pour les crimes contre les journalistes. La commémoration de cette année sera placée sous le thème Chat VBG : Sensibiliser à la violence basée sur le genre facilitée par l’IA à l’égard des femmes journalistes, soulignant les menaces spécifiques auxquelles sont confrontées les femmes journalistes dans l’espace numérique et leur impact sur la liberté d’expression. Cette session s’inscrit dans la continuité des travaux du CPS sur la protection des journalistes, initiés en septembre 2024, et vise à renforcer les actions globales pour assurer leur sécurité, comme demandé par le Conseil lors de sa 1230e session.
Dans le cadre de la semaine de sensibilisation de l’UA à la reconstruction et au développement post-conflit (PCRD), du 17 au 21 novembre, le CPS examinera le rapport du président de la Commission de l’UA sur le PCRD et lancera officiellement la semaine PCRD. Le 17 novembre, une réunion conjointe avec la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies (UNPBC) est également prévue. Les deux organes souligneront l’importance de la coopération, notamment entre la Commission de l’UA pour la PCRD et le Bureau d’appui des Nations Unies à la consolidation de la paix, pour la mise en œuvre du protocole d’accord UA-ONU sur la consolidation de la paix, comme le souligne la déclaration commune adoptée lors de leur 7e consultation conjointe.
Le 19 novembre, le Conseil recevra un exposé de situation sur l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Malgré les initiatives diplomatiques en cours, notamment les accords de Washington et de Doha, la situation sur le terrain reste préoccupante, marquée par les combats impliquant le M23 et les forces congolaises, les affrontements par procuration et la concurrence pour les ressources naturelles. Le CPS avait déjà abordé cette question en février 2025 lors de sa 1261e réunion. Cette réunion intervient également à la veille de la conférence de paix sur les Grands Lacs africains, que la France s’apprête à accueillir le 30 octobre, avec la participation d’une cinquantaine de pays et d’organisations internationales. Plus d’informations sur la conférence de Paris.
Enfin, le 21 novembre, le CPS examinera la situation dans le bassin du lac Tchad. La session sera consacrée à une mise à jour sur la situation sécuritaire et humanitaire dans la région. Lors de sa 1282e réunion en juin 2025, le Conseil avait demandé à la Commission de l’UA de renforcer son soutien à la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) dans la mise en œuvre de son plan quinquennal révisé, face à la menace persistante de Boko Haram et aux vulnérabilités climatiques et sécuritaires de la région.
La dernière session du mois, le 28 novembre, sera consacrée à une séance publique sur les enfants touchés par les conflits armés. Le CPS avait déjà abordé ce thème en juillet 2025 lors de sa 1290e réunion, réaffirmant l’importance de mettre en œuvre le Processus de Banjul pour la protection des enfants en situation de conflit.
En marge de ces activités, le PPoW mentionne également le 7e sommet UE-UA, qui se tiendra les 24 et 25 novembre à Luanda, en Angola, et le sommet de l’UA sur les réformes de l’UA, prévu le 26 novembre 2025 à Luanda, en Angola.
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