Publié le 20 octobre 2025 à 08h17. Un radiodiffuseur a été grièvement blessé par balle lundi dans la province d’Albay, aux Philippines, suscitant une condamnation généralisée et des inquiétudes quant à la sécurité des journalistes dans le pays.
- Noel Bellen Samar, journaliste basé à Guinobatan, a été victime d’une tentative d’assassinat en pleine journée.
- Le Groupe de travail présidentiel sur la sécurité des médias (PTFoMS) et le Club national de la presse (NPC) ont dénoncé l’attaque comme une menace à la liberté de la presse.
- Les autorités philippines ont lancé une enquête nationale et promis de traduire en justice non seulement les auteurs, mais aussi les commanditaires présumés.
Noel Samar, 54 ans, travaillait pour les médias Kadunong ITV et DWIZ Legazpi. L’attaque s’est produite vers 9 heures du matin le long de l’autoroute Maharlika, dans le barangay (village) de Morera, à Guinobatan. Selon les premiers éléments de l’enquête, il a reçu plusieurs balles dans la poitrine et l’abdomen et a été transporté dans un hôpital local où son état est jugé critique.
Le sous-secrétaire exécutif du PTFoMS, Jose Torres Jr., a déclaré que les autorités ne se contenteront pas d’arrêter les tireurs. Il a souligné la nécessité de déterminer les motivations de cette agression et de poursuivre les personnes qui auraient pu l’ordonner.
« Au-delà de la simple traque du ou des tireurs, il est crucial de découvrir le mobile de cette attaque odieuse et de traduire les cerveaux en justice. »
Jose Torres Jr., sous-secrétaire exécutif du PTFoMS
M. Torres a insisté sur l’engagement du gouvernement à protéger les professionnels des médias. Il a affirmé que la violence ne serait pas tolérée et que le climat de peur et d’intimidation qui pèse sur les journalistes philippins devait cesser.
Le Club national de la presse (NPC) a également exprimé sa vive indignation et a appelé la Police nationale philippine (PNP) à intensifier ses efforts pour identifier et appréhender rapidement les responsables. Le président du NPC, Leonel Abasola, a déclaré que l’organisation se tient aux côtés de M. Samar, de sa famille et de la communauté médiatique de Bicol.
« Nous appelons le gouvernement, les forces de l’ordre et nos confrères journalistes à s’unir pour garantir que justice soit rendue rapidement. Chaque attaque contre un journaliste est une attaque contre la liberté de la presse elle-même. »
Leonel Abasola, président du Club national de la presse des Philippines
Le PTFoMS a déployé une équipe sur place pour collaborer avec les enquêteurs et suivre l’évolution de l’état de santé de M. Samar. Selon les données du PTFoMS, 199 cas de violence contre des professionnels des médias ont été enregistrés depuis 1986. Parmi ces incidents, 75 ont été confirmés comme étant liés à leur travail, 73 n’ont pas de lien avéré et 12 restent indéterminés.
Le massacre de Maguindanao en 2009, au cours duquel 32 journalistes ont perdu la vie, demeure la plus grave attaque contre la presse jamais enregistrée aux Philippines.