Home AffairesQuand est-il judicieux de signer un CDI ? Et d’autres questions sur les prix du gaz répondues

Quand est-il judicieux de signer un CDI ? Et d’autres questions sur les prix du gaz répondues

by Amélie Bernard

Publié le 11 janvier 2024 à 07h01. Les prix du gaz et de l’électricité restent une préoccupation majeure pour les ménages. Des experts expliquent les mécanismes de fixation des prix, leur interdépendance et les perspectives d’évolution à court et moyen terme.

  • Le prix du gaz est déterminé par l’offre et la demande mondiales, exacerbées par des événements géopolitiques comme la guerre en Ukraine.
  • La facture d’énergie se compose de trois éléments : le coût du gaz lui-même, les taxes et les frais de transport.
  • Bien que la situation s’améliore, la volatilité persiste et les politiques gouvernementales, comme la taxation, influencent le comportement des consommateurs.

La flambée des prix du gaz à la fin de 2022 a été directement liée à la guerre en Ukraine et à une pénurie d’approvisionnement. « On peut expliquer un prix par les coûts ou par la rareté », explique Machiel Mulder, professeur d’économie de l’énergie à l’université de Groningen. « Dans ce cas, il y avait tout simplement une forte demande et une offre très limitée. Il n’était pas plus cher de produire du gaz, mais le prix a augmenté en raison de cette disparité. »

Depuis, les prix ont baissé, revenant à un niveau légèrement supérieur à celui d’avant la crise énergétique. Cette amélioration est due à une augmentation de l’offre, notamment grâce aux livraisons de gaz liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis et du Qatar, ainsi qu’à une diminution de la consommation. « Il y a plus d’offre et moins de demande, il n’y a donc plus de pénurie. Par conséquent, le prix baisse naturellement », précise M. Mulder.

Le prix du gaz continue d’influencer celui de l’électricité, mais cette relation s’estompe progressivement. Le système électrique privilégie en premier lieu les sources d’énergie les moins chères, comme le solaire et l’éolien. Lorsque ces sources ne suffisent pas à répondre à la demande, des centrales au gaz sont mises en service. Selon Kornelis Blok, professeur émérite spécialisé dans les systèmes énergétiques, « c’est la dernière centrale qui détermine le prix de l’heure. Donc, si le gaz devient plus cher, le prix de l’électricité a tendance à augmenter en conséquence. »

Historiquement, le charbon et le gaz naturel étaient les principales sources de production d’électricité. Cependant, l’utilisation du charbon diminue en raison de son impact environnemental, ce qui a temporairement accru l’importance du gaz pour combler le déficit. Néanmoins, une « déconnexion » entre les prix du gaz et de l’électricité est de plus en plus visible, car la production d’énergie renouvelable augmente. « Lorsque nous avons suffisamment d’énergie éolienne et solaire, une centrale au gaz n’est pas nécessaire et il n’y a plus de lien entre les prix du gaz et de l’électricité », souligne le professeur Mulder.

Cette déconnexion explique pourquoi le prix de l’électricité peut parfois augmenter alors que le prix du gaz diminue. En hiver, par exemple, un faible ensoleillement et un vent faible peuvent entraîner une pénurie d’électricité verte, ce qui fait grimper les prix pour inciter les consommateurs à réduire leur consommation.

Les développements géopolitiques, comme la situation au Venezuela, ont un impact limité sur les prix du gaz. Autrefois, les prix du pétrole et du gaz étaient étroitement liés, et le gouvernement fixait même le prix du gaz en fonction du prix du pétrole. « Aujourd’hui, ce lien a complètement disparu. Les marchés sont désormais indépendants et le prix est déterminé par l’offre et la demande », explique M. Blok. Il existe toutefois un lien indirect : certaines usines peuvent choisir entre le pétrole et le gaz, et une baisse significative du prix du pétrole pourrait inciter certaines entreprises à se tourner vers cette source d’énergie, réduisant ainsi la demande de gaz.

Les réserves de gaz néerlandaises et européennes diminuent actuellement, ce qui est normal à cette période de l’année. Les réserves néerlandaises sont remplies à environ 40 %, tandis que la moyenne européenne est proche de 60 %. « Nous travaillons ensemble dans un système européen unique », explique M. Mulder. « Nous importons également du gaz d’Allemagne et d’autres pays. Il n’est donc pas nécessaire que chaque pays dispose de ses propres réserves massives. »

Les Pays-Bas sont moins vulnérables que de nombreux autres pays grâce à leurs terminaux de GNL, qui facilitent l’importation de gaz des États-Unis et du Qatar. « Cela nous donne beaucoup de flexibilité », souligne M. Mulder. Les pays sans littoral, comme l’Autriche, sont plus vulnérables car ils dépendent des pipelines de leurs voisins.

La Commission européenne vise à ce que tous les pays aient rempli leurs réserves à 90 % au 1er novembre. « Les réserves de gaz sont saisonnières. Nous les remplissons en été et les utilisons pour chauffer nos maisons lorsque les températures baissent. Le fait qu’elles soient plus basses en janvier est donc tout à fait logique. C’est à cela qu’elles sont destinées », précise M. Mulder. Seule une vague de froid extrême et prolongée pourrait mettre les réserves sous pression et faire remonter les prix.

La politique gouvernementale visant à augmenter les taxes sur le gaz pour décourager sa consommation est efficace. La taxe s’élève à près de 0,60 cent par mètre cube, alors que le prix du gaz lui-même est d’environ 0,25 cent. « La taxe est donc plus du double du prix du gaz », explique M. Mulder. Cela encourage les investissements dans l’isolation et le double vitrage, réduisant ainsi la consommation de gaz.

Bien que critiquée par certains, cette politique présente des avantages. « Il ne s’agit pas seulement de payer des taxes. Toute personne disposant d’un compteur d’électricité reçoit une réduction fixe d’environ 600 euros par an », explique M. Mulder. « C’est ce qu’on appelle la réduction de la taxe sur l’énergie. De plus, la taxe sur nos revenus a été réduite lorsque la taxe sur l’énergie a été introduite, bien que beaucoup de gens ne s’en souviennent plus. »

Les perspectives de prix du gaz sont favorables. Les entreprises achètent déjà du gaz pour les années à venir et les prix baissent lentement. Le marché anticipe donc une augmentation de l’offre et une stabilisation, voire une légère baisse des prix. Cependant, M. Blok met en garde contre les possibles augmentations de la taxe sur le gaz décidées par le gouvernement. De plus, un nouveau système d’échange de quotas d’émission (ETS2) entrera en vigueur en Europe, obligeant les fournisseurs à payer pour les émissions des logements et des véhicules, ce qui pourrait se répercuter sur les prix.

Le choix d’un contrat à prix fixe ou variable dépend du niveau de risque que l’on est prêt à accepter. Selon M. Mulder, les prix actuels constituent un bon moment pour opter pour la sécurité d’un contrat à prix fixe, ce qu’il fait lui-même. « Les prix sont raisonnables. Ils pourraient baisser encore un peu, mais ils ne sont certainement pas élevés. » Un contrat à prix fixe offre une visibilité sur les dépenses mensuelles et protège contre les éventuelles hausses de prix.

En revanche, un contrat variable ou dynamique permet de profiter des fluctuations du marché, mais expose également à un risque de hausse des prix. « L’économie, c’est l’économie », dit M. Mulder. « La meilleure façon de réduire les coûts reste de consommer moins. L’isolation, l’isolation, l’isolation est le plus important », conclut M. Blok. Le gaz naturel reste la principale source de dépenses énergétiques, et des gestes simples, comme l’amélioration de l’isolation ou l’utilisation de films réfléchissants sur les radiateurs, peuvent avoir un impact significatif sur la facture.

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