Home Technologie et scienceQuand j’étais plus jeune, j’allais au théâtre, je le regardais, j’adorais ça

Quand j’étais plus jeune, j’allais au théâtre, je le regardais, j’adorais ça

by Thomas Caron

Publié le 2024-01-04 14:35:00. L’actrice et professeure d’art dramatique Fionula Linehan, figure emblématique du panto irlandais, revient sur un parcours de vie marqué par des tournants inattendus, d’une passion pour les arts martiaux à une vocation pour le théâtre, en passant par une épreuve de santé bouleversante.

  • Fionula Linehan, seule femme à incarner régulièrement le rôle principal dans les pantomimes irlandaises, est actuellement à l’affiche de Cendrillon à l’Everyman de Cork.
  • Une hystérectomie subie en 1997, coïncidant avec la mort de la princesse Diana, a mis fin à sa carrière prometteuse en arts martiaux et ouvert la voie à sa passion pour le théâtre.
  • L’actrice souligne l’importance d’une opportunité et du soutien d’un mentor, Catherine Mahon Buckley, dans son épanouissement artistique.

Fionula Linehan se souvient avec précision du dimanche où elle a appris la mort de la princesse Diana à la radio, alors qu’elle était hospitalisée pour une hystérectomie. Atteinte de fibromes, des tumeurs bénignes qui auraient pu entraîner des complications graves si elles n’avaient pas été traitées, elle était alitée et suivait les funérailles princières à la télévision, comme le reste des patients et du personnel soignant.

En septembre 1997, elle était une jeune mère de deux enfants en bas âge, Kedie Blaise et Kerri Ellen, tout en gérant l’absence fréquente de son mari, marin de profession. Elle trouvait un équilibre épanouissant entre son rôle de mère au foyer et sa passion pour les arts martiaux, une discipline qu’elle pratiquait depuis son adolescence.

Elle avait progressé à travers les différentes ceintures, obtenant finalement deux ceintures noires. Le passage au troisième niveau exigeait trois années d’entraînement supplémentaires, qu’elle avait achevées, mais la maladie l’a empêchée de passer les examens nécessaires. Les médicaments prescrits pour réduire les fibromes ont eu des effets secondaires qui ont compromis sa capacité à poursuivre l’entraînement intensif.

Cette période de convalescence a été vécue comme un deuil. Bien qu’elle ait repris l’entraînement après l’opération, elle n’a jamais retrouvé son niveau antérieur. Elle a continué à pratiquer les arts martiaux comme loisir pendant un certain temps, mais l’ambition de progresser était éteinte. Elle se souvient avec émotion du moment où elle a plié et rangé ses costumes, ses ceintures et son équipement, consciente qu’elle ne les utiliserait plus.

« Quelque chose qui faisait vraiment partie de ma vie et dans lequel je me sentais épanouie et accomplie… c’était triste pour moi de tout mettre de côté », confie-t-elle. Elle continuait de croiser son entraîneur, et l’envie de reprendre les entraînements était toujours présente, mais elle pressentait qu’un autre chemin s’ouvrait à elle.

C’est en participant aux activités proposées par l’école de sa fille, Kedie, à Maria Assumpta, Ballyphehane, que Fionula Linehan a découvert sa vocation pour le théâtre. Elle a testé différents ateliers – informatique, jardinage, pâtisserie – avant de s’inscrire à un cours de théâtre.

« J’ai toujours été créative : à l’époque, j’habillais mon frère s’il participait à un concours de déguisements. Nous avons souvent gagné. »

Fionula Linehan

L’émission de télévision The Mike Murphy Show, où l’animateur se faisait passer pour un cousin éloigné, a été une révélation. C’est en regardant cette émission qu’elle a réalisé son désir de devenir actrice. Le cours de théâtre, animé par Catherine Mahon Buckley, a été déterminant. « Catherine a toujours dit qu’elle voyait quelque chose en moi. C’est formidable d’avoir du talent, mais si quelqu’un n’est pas prêt à tenter votre chance et à vous donner une opportunité, à quoi cela sert-il ? C’est ce que Catherine a fait pour moi. »

Elle adorait le théâtre et attendait avec impatience chaque séance, les scénarios, les poèmes, l’occasion d’explorer, de créer et d’utiliser son imagination. Elle a trouvé sa place. « Savez-vous déjà que vous avez atterri chez vous ? J’ai atterri à ma place. J’étais bonne dans ce domaine, j’avais confiance en cela – j’ai eu cette opportunité de jouer, presque comme un enfant mais sous une forme adulte. »

Elle a poursuivi des études en art dramatique et est devenue professeure, tout en continuant à jouer. Elle apprécie la capacité de l’acteur à se glisser dans la peau de personnages différents, à explorer des mondes inconnus et à développer son empathie. « Une porte qui se ferme et une autre qui s’ouvre : telle est mon expérience. Je crois fermement que la vie offre des opportunités à tout moment : si vous êtes assez courageux pour sortir et explorer, vous ne savez pas ce que vous trouverez. »

Elle ne compare pas les arts martiaux et le théâtre, considérant que sa maladie a peut-être été un catalyseur pour l’orienter vers le théâtre, même si elle reconnaît que les arts martiaux sont une discipline de jeunes. Elle se sent privilégiée et heureuse que sa vie ait pris cette tournure inattendue.

  • Fionula Linehan, seule femme panto d’Irlande, est à l’affiche de Cendrillon à l’Everyman de Cork jusqu’au dimanche 11 janvier. Mise en scène de Catherine Mahon-Buckley et présentée en association avec CADA Performing Arts.

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