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Quand le négociateur le plus important est absent de la table

by Amélie Bernard

Publié le 14 décembre 2025 à 16h25. La rencontre à Berlin entre Volodymyr Zelensky, des dirigeants européens, l’émissaire américain et le gendre de Donald Trump illustre une intense activité diplomatique, mais la détermination affichée de la Russie à poursuivre son offensive en Ukraine soulève des doutes sur les perspectives d’une résolution rapide du conflit.

  • Volodymyr Zelensky cherche à consolider le soutien européen face à la guerre en Ukraine.
  • La Russie maintient ses objectifs militaires et politiques initiaux, rejetant les propositions de cessez-le-feu.
  • L’Europe doit affirmer sa capacité d’action pour ne pas paraître marginalisée sur la scène internationale.

La diplomatie s’active à Berlin, mais les perspectives de paix semblent lointaines. La rencontre entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et des figures influentes – le chef de file de l’opposition allemande Friedrich Merz, des responsables européens, l’envoyé spécial américain et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump – témoigne d’une volonté de trouver des solutions. Cependant, la fermeté de la Russie, qui réaffirme sans ambiguïté ses objectifs de guerre, pose un défi majeur.

Le Kremlin ne manifeste aucun signe sérieux d’ouverture à un cessez-le-feu, malgré le coût humain considérable du conflit, qui a déjà causé la mort de dizaines de milliers d’Ukrainiens. Selon les analystes, la Russie utilise la diplomatie comme un moyen de poursuivre son offensive, dont le but ultime reste l’assujettissement politique et militaire de l’Ukraine. Vladimir Poutine, semble déterminé à obtenir une victoire dans des conditions inchangées depuis le début de la guerre.

Alors que l’Ukraine et ses alliés occidentaux se montrent prêts à des compromis, la Russie a réussi à imposer ses exigences maximales dans un document élaboré avec les États-Unis. Poutine a jusqu’à présent rejeté toute proposition de changement émanant des Européens. Ce document, qui comprend 28 points, a été rendu public et reflète les attentes élevées de Moscou.

La réunion de Berlin poursuit trois objectifs principaux. Zelensky cherche à obtenir des garanties de soutien continu de la part des Européens. Il souhaite également signaler aux États-Unis qu’il ne laissera pas Donald Trump, qui se présente comme un potentiel artisan de la paix, dicter les conditions d’un éventuel cessez-le-feu. L’Ukraine a besoin d’une pression accrue de la part des États-Unis sur la Russie. Enfin, l’Europe doit démontrer sa capacité à agir et à influencer le cours des événements, afin de ne pas apparaître comme un acteur secondaire.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’administration américaine a récemment exprimé des doutes sur la capacité de l’Europe à jouer un rôle majeur sur la scène internationale, la qualifiant de continent en déclin dans sa stratégie de sécurité nationale. De plus, les États-Unis ne considèrent plus la Russie comme une menace centrale. Dans ce contexte, l’Europe ne veut pas laisser la Russie et les États-Unis négocier le sort de l’Ukraine et l’établissement d’un nouvel ordre de sécurité sans sa participation.

Friedrich Merz a souligné la gravité de la situation en déclarant : « Poutine ne s’arrêtera pas. » Il ambitionne de « changer fondamentalement les frontières de l’Europe » et de restaurer l’Union soviétique dans ses anciennes limites.

Pour parvenir à une véritable négociation, il est impératif d’augmenter la pression sur la Russie, notamment par le biais de sanctions plus strictes. Cela implique un contrôle rigoureux de la flotte de pétroliers russes dans la mer Baltique afin d’empêcher le contournement des plafonds de prix occidentaux. De même, les avoirs russes gelés en Belgique devraient être utilisés de manière décisive pour soutenir l’Ukraine. L’objectif est de rendre le coût de la guerre prohibitif pour le Kremlin.

L’aide militaire à l’Ukraine est également un sujet de préoccupation. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont considérablement augmenté leur assistance, mais cela ne suffit pas à compenser la diminution des livraisons d’autres pays de l’Union européenne, ni le ralentissement de l’aide américaine. Selon le Kiel Institute for the World Economy, si cette tendance se maintient, 2025 pourrait marquer un tournant négatif dans le soutien à l’Ukraine.

Poutine ne négociera que si la pression militaire s’intensifie. Cela nécessite notamment la fourniture de systèmes de défense aérienne plus performants et de munitions. L’Ukraine a également besoin d’armes de précision à longue portée, comme les missiles Taurus, afin de frapper les infrastructures logistiques, les dépôts et les centres de commandement russes situés derrière les lignes de front.

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