L’essor rapide de l’intelligence artificielle et de nouvelles pratiques médicales, comme les cliniques de perfusion intraveineuse, soulève des questions cruciales sur la nécessité d’une réglementation proactive pour protéger les patients et garantir une innovation responsable. Un manque de surveillance adéquate peut entraîner des risques importants et des conséquences tragiques, comme l’a démontré une récente affaire au Texas.
Le secteur des cliniques IV, qui propose des cocktails de vitamines, de minéraux et de médicaments directement dans la circulation sanguine, a connu une croissance fulgurante, atteignant une valeur de 15 milliards de dollars. Cependant, les allégations concernant leurs bienfaits sont souvent difficiles à vérifier, et l’absence de cadre juridique clair crée un environnement où les normes médicales peuvent être compromises.
Jusqu’à récemment, seulement 32 États américains avaient émis des directives concernant les spas médicaux, sans pour autant mettre en place une surveillance juridique formelle. La situation a évolué après le décès tragique d’une patiente au Texas en 2023, conduisant à l’adoption de la loi HB n° 3749, surnommée « loi de Jennifer ». Cette législation vise à normaliser la surveillance de ces établissements, en se rapprochant des pratiques médicales traditionnelles.
La « loi de Jennifer » établit un système d’évaluation, de communication et de gestion des risques, ainsi qu’un cadre de conseil et de responsabilisation. Elle stipule notamment qu’un plan médical doit être établi après une évaluation initiale avant toute thérapie IV, et que l’administration doit être effectuée par un professionnel de santé agréé, avec une surveillance continue du patient. L’administration d’une thérapie IV par une personne non autorisée est désormais considérée comme une infraction pénale.
Ces exigences, qui constituent des pratiques fondamentales en médecine, sont désormais appliquées à un secteur qui fonctionnait auparavant sans elles. « Agir – ou choisir de ne pas le faire – peut guérir ou nuire, et cela doit être guidé par le jugement ainsi que par des règles », souligne le Dr Jack Stockert, directeur général de Santé2047.
L’exemple des cliniques IV illustre la nécessité d’une approche similaire pour d’autres innovations en évolution rapide, notamment dans le domaine de l’IA appliquée aux technologies de la santé. Le public, souvent confronté à des informations incomplètes ou asymétriques, peine à évaluer les risques et à vérifier les allégations.
Il est impératif de ne pas attendre des tragédies pour engager un débat sur la gouvernance et la responsabilité. La surveillance doit évoluer en parallèle de l’innovation afin de protéger les individus avant que des dommages ne surviennent. Définir des normes minimales, exiger une supervision qualifiée, imposer une surveillance appropriée et assurer une réelle responsabilisation sont autant d’éléments clés pour une innovation responsable. La question n’est pas de savoir si des problèmes surgiront, mais quand. Une réponse responsable consiste à anticiper et à créer dès maintenant un cadre intelligent.
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