Quatre hommes ont été condamnés ce vendredi par un tribunal parisien pour avoir harcelé en ligne la DJ et militante LGBTQ+ Barbara Butch, suite à sa performance controversée lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. Les peines prononcées vont de quatre mois de prison avec sursis à dix mois d’emprisonnement.
Les faits remontent à juillet dernier, après que Barbara Butch – de son nom de scène – ait participé à une scène artistique inspirée de la Dernière Cène, incluant des danseurs et des drag queens. Cette représentation, initialement conçue comme une célébration païenne par les organisateurs, avait suscité une vive polémique, notamment au sein de milieux religieux et d’extrême droite. Des critiques acerbes étaient venues de groupes catholiques, d’évêques français, et même de l’ancien président américain Donald Trump, alors candidat à la présidence.
Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu les quatre hommes coupables de harcèlement en ligne et de menaces de violence. Un cinquième accusé a été relaxé. L’un des condamnés, absent à l’audience, devra purger sa peine de dix mois de prison, jugée particulièrement sévère en raison de la gravité de ses actes, selon le président du tribunal.
Lors de son témoignage en septembre, Barbara Butch avait décrit l’impact dévastateur du harcèlement sur sa vie. « J’avais juste envie de m’enterrer et de disparaître à ce moment-là », avait-elle déclaré. Elle a révélé avoir développé de l’agoraphobie, du psoriasis et avoir eu recours à des antidépresseurs.
Son avocate, Audrey Msellati, a souligné que les menaces avaient gravement affecté la santé de sa cliente, entraînant insomnies, cauchemars, prise de poids et une peur constante de quitter son domicile.
Les prévenus, dont un étudiant, un père de famille et un tuteur, ont admis avoir envoyé des messages, mais ont nié toute intention de menacer ou de harceler. Plusieurs ont justifié leurs actes par leur indignation face à ce qu’ils considéraient comme une « parodie de la religion ».
Cette affaire intervient après la condamnation en mai de sept autres personnes pour avoir également harcelé en ligne Thomas Jolly, le chorégraphe en chef de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Ces derniers avaient écopé d’amendes et de peines de prison avec sursis.
