Publié le 29 septembre 2025 à 23h48. Le président américain Donald Trump a présenté lundi un plan de paix pour le Moyen-Orient, incluant la fin des combats à Gaza, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. L’initiative, soutenue par plusieurs nations, dépend désormais de l’acceptation du Hamas.
- Le plan prévoit la libération rapide des otages détenus par le Hamas en moins de 72 heures.
- Il exige le désarmement et la démobilisation du groupe palestinien, ainsi que la destruction de ses infrastructures militaires à Gaza.
- Une cessation des opérations militaires israéliennes en territoire palestinien est également au cœur de l’accord.
Donald Trump a annoncé ce plan lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, aux côtés de Benjamin Netanyahu. Selon le président américain, cette initiative de 20 points bénéficie du soutien d’Israël, de plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Europe. « Nous mettrons fin à la mort et à la destruction que nous avons vues pendant de nombreuses années, des décennies, voire des siècles, et commencer un nouveau chapitre de sécurité, de paix et de prospérité pour toute la région », a déclaré Trump, qualifiant l’accord de « très juste ». Il a même affirmé qu’il s’agissait de « l’un des jours les plus importants de l’histoire de la civilisation ».
Le plan de paix comprend la libération de centaines de prisonniers palestiniens détenus par Israël, l’entrée immédiate de l’aide humanitaire à Gaza et la création d’un « conseil de paix » supervisant sa mise en œuvre. Ce conseil serait dirigé par Donald Trump, qui a mentionné l’intérêt de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair à y participer.
À terme, les Palestiniens seraient appelés à voter pour une autorité de « transition » excluant les politiciens et dirigeants du Hamas. Israël, de son côté, s’engage à ne pas occuper ou annexer Gaza et à retirer progressivement ses forces du territoire.
Benjamin Netanyahu a exprimé son soutien au « plan pour mettre fin à la guerre à Gaza », assurant qu’il offrait à toutes les parties la possibilité d’une résolution pacifique. Cependant, il a averti que si le Hamas ne respectait pas les termes de l’accord, Israël « mettrait fin au travail » et éliminerait par la force le groupe palestinien : « Cela peut être fait de la manière facile ou de la manière difficile, mais cela sera fait », a-t-il déclaré.
La réaction du Hamas reste incertaine. Un haut responsable du mouvement a déclaré à la BBC que des responsables qataris et égyptiens avaient transmis le plan de la Maison Blanche aux dirigeants du Hamas à Doha. Aucune décision n’a encore été prise, mais le Hamas se dit ouvert à l’étude de toute proposition mettant fin à la guerre à Gaza, à condition qu’elle protège les intérêts palestiniens, garantisse le retrait total d’Israël de Gaza et mette fin à l’offensive militaire.
Le responsable a souligné que les armes de résistance du Hamas restaient « une ligne rouge » tant que l’occupation israélienne persiste. Il a également précisé que la question des armes ne pourrait être abordée que dans le cadre d’une solution politique garantissant l’établissement d’un État palestinien indépendant avec les frontières de 1967.
Israël attend la libération de 20 otages vivants et la restitution des corps de 32 otages décédés, capturés lors de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. La libération des otages est une condition essentielle à la cessation de l’offensive israélienne à Gaza, qui a causé la mort de dizaines de milliers de Palestiniens, dont de nombreuses femmes et enfants.
L’Autorité palestinienne a salué les efforts du président américain, les qualifiant de « sincères et déterminés » dans un communiqué publié par son agence de presse WAFA. Elle a réaffirmé son engagement à travailler avec les États-Unis, les pays de la région et ses partenaires pour mettre fin à la guerre à Gaza, garantir l’acheminement de l’aide humanitaire, libérer les otages et les prisonniers, et établir des mécanismes de protection pour le peuple palestinien.
L’Autorité palestinienne s’engage également à organiser de nouvelles élections parlementaires et présidentielles dans un an après la fin de la guerre, à réformer le programme scolaire et à former une nouvelle force de sécurité. Elle réaffirme son désir d’un État palestinien moderne, démocratique et non militarisé, engagé dans le pluralisme et le transfert pacifique du pouvoir.
Source d’image, Reuters
Selon Tom Bateman, correspondant du Département d’État américain de la BBC News, ce plan se présente comme un document de 20 points définissant des principes plutôt qu’une proposition détaillée pour mettre fin à la guerre et établir une gouvernance post-conflit à Gaza. Il s’agit d’un cadre pour de futures négociations, et non d’une solution complète.
Ce plan représente un changement par rapport à l’administration Trump, tenant compte des préoccupations des pays arabes et européens. Il s’éloigne notamment du projet de « Riviera » pour Gaza, qui prévoyait l’expulsion des Palestiniens. Bien qu’il soit vague sur certains points, notamment en ce qui concerne l’autodétermination palestinienne, il pourrait susciter des réactions mitigées, tant du côté israélien que palestinien.
Le Hamas pourrait être sous pression du Qatar et d’autres pays arabes pour accepter ces principes, mais de véritables négociations restent nécessaires. Ce plan ne marque pas la fin de la guerre, mais constitue une base pour reprendre les discussions.
Source d’image, Images getty
Dans une perspective de paix régionale, Trump a souligné que cet accord pourrait étendre les Accords d’Abraham signés en 2020, qui ont officialisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes, notamment Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Maroc et le Soudan. Il espère que ces accords s’étendront à d’autres pays, tels que la Syrie, le Liban, l’Arabie saoudite et d’autres nations de la région.
« Israël ne s’arrêtera pas », a déclaré Trump. « Il coexistera avec d’autres peuples et pays de la région. » Il a conclu en affirmant que « la promesse d’un nouveau Moyen-Orient est clairement à notre portée ».
Pour aller plus loin
