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Quel est le « bazooka commercial » de l’UE que la France demande à activer pour répondre aux menaces tarifaires de Trump sur le Groenland ?

Publié le 18 janvier 2026 à 18h52. Face à la menace de droits de douane américains, l'Union européenne envisage de riposter en activant un mécanisme de coercition commerciale inédit, ravivant les tensions transatlantiques sur fond de désaccords géopolitiques.…

Quel est le « bazooka commercial » de l’UE que la France demande à activer pour répondre aux menaces tarifaires de Trump sur le Groenland ?

Publié le 18 janvier 2026 à 18h52. Face à la menace de droits de douane américains, l’Union européenne envisage de riposter en activant un mécanisme de coercition commerciale inédit, ravivant les tensions transatlantiques sur fond de désaccords géopolitiques.

  • L’Union européenne pourrait imposer des contre-mesures commerciales significatives aux États-Unis en réponse aux nouvelles taxes annoncées par Donald Trump.
  • Le président américain justifie ces droits de douane par l’opposition européenne à son projet de rachat du Groenland.
  • L’instrument de coercition anti-économique (ICA) de l’UE, surnommé le « bazooka commercial », permet d’imposer des restrictions commerciales et financières.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a fermement déclaré que l’Europe ne se laisserait pas intimider. « L’Europe ne se laissera pas faire chanter », a-t-elle affirmé en réaction à l’annonce du président Trump, qui prévoit d’imposer des droits de douane de 10 % (qui passeront à 25 % en juin) sur les produits en provenance du Danemark, de Norvège, de Suède, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de Finlande. Selon le président républicain, ces mesures sont une conséquence de l’opposition de ces pays à son ambition d’acquérir le Groenland. Il a même tweeté samedi : « La paix mondiale est en jeu ! La Chine veut le Groenland et le Danemark ne peut rien y faire ! »

Cette escalade intervient après que plusieurs pays européens ont renforcé leur présence militaire au Groenland, suscitant l’irritation de Washington. Les gouvernements concernés ont entamé des discussions diplomatiques avec l’administration américaine, tout en signalant leur détermination à défendre leurs intérêts.

Le président français, Emmanuel Macron, a appelé ses homologues européens à activer l’Instrument de coercition anti-économique (ICA), un outil conçu pour répondre aux pressions économiques injustifiées. Cet instrument, approuvé en 2023, permet à l’UE d’imposer des sanctions commerciales et financières aux pays qui tentent d’exercer une influence coercitive sur ses États membres. Il autorise notamment « l’imposition de restrictions commerciales, sous la forme, par exemple, de droits de douane plus élevés, de licences d’importation ou d’exportation, de restrictions sur le commerce des services ou sur l’accès aux investissements directs étrangers ou aux marchés publics ».

L’ICA permet également à l’UE d’exiger une « réparation » économique du pays qui exerce une coercition. Selon le site internet du Parlement européen, cet instrument vise à dissuader les pays tiers de recourir à des mesures coercitives contre l’Union européenne.

L’initiative de l’ICA fait suite à des incidents antérieurs, notamment les restrictions commerciales imposées par la Chine à la Lituanie en 2021 après que Vilnius a renforcé ses liens avec Taïwan. L’UE avait alors estimé que la coercition chinoise ne relevait pas des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

En 2023, lors de la guerre tarifaire lancée par Donald Trump, la possibilité d’activer l’ICA avait été envisagée, mais l’UE avait finalement opté pour le dialogue. La situation actuelle semble toutefois plus tendue.

Les ambassadeurs des 27 pays de l’UE se sont réunis en urgence ce dimanche pour évaluer la situation et déterminer les prochaines étapes. Certains dirigeants européens, comme le Premier ministre irlandais Micheál Martin, ont plaidé pour une approche diplomatique, rappelant que l’ICA « est sur la table ». Il a déclaré : « Nous devons faire très attention à ne pas nous lancer dans une guerre commerciale qui échappe à tout contrôle. Je ne pense pas que quiconque en bénéficiera. »

Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store a également mis en garde contre les risques d’une escalade commerciale. « Nous devons faire très attention à ne pas nous lancer dans une guerre commerciale qui échappe à tout contrôle », a-t-il déclaré à NRK.

En 2023, les échanges commerciaux entre l’UE et les États-Unis ont dépassé 1 800 milliards de dollars (soit environ 5 milliards de dollars par jour), selon la Commission européenne. L’UE affiche un excédent commercial de plus de 170 milliards de dollars en matière de biens, tandis que les États-Unis sont en tête en matière de services, avec près de 120 milliards de dollars.

Un accord conclu en juillet dernier prévoyait une réduction des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium européens en échange d’investissements américains dans le secteur industriel et de défense européen. La pérennité de cet accord est désormais incertaine.

Image de certains conteneurs avec les drapeaux de l’UE et des États-Unis.

Source des images, Getty Images

légende de la photo, En 2023, les échanges commerciaux entre l’UE et les États-Unis dépasseront 1 800 milliards de dollars.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.