Publié le 2025-09-04 18:22:00. Le retour des prêts hypothécaires indexés sur l’UVA (Unité de Valeur d’Achat) en Argentine ne résout pas pour autant la crise de l’accession à la propriété, les banques durcissant leurs critères d’octroi face à l’inflation et à l’incertitude économique.
- Les banques exigent désormais des revenus considérablement plus élevés pour approuver un prêt hypothécaire, rendant le rêve d’acquérir un logement inatteignable pour une grande partie de la population.
- La hausse du taux de change et la remontée des taux d’intérêt bancaires ont considérablement réduit le pouvoir d’achat des Argentins sur le marché immobilier.
- BBVA et Galicia ont porté leur TNA (Taux Nominal Annuel) à 17%, tandis que Banco Nación a renforcé ses exigences en matière de notation de crédit.
Après un bref répit, le marché immobilier argentin est confronté à de nouvelles difficultés. Fin avril 2024, les marges de crédit hypothécaire UVA avaient fait leur retour, suscitant un certain espoir chez les potentiels acquéreurs. Cependant, l’accès à ces prêts reste conditionné à la capacité des emprunteurs à honorer les mensualités, une condition de plus en plus difficile à remplir dans le contexte économique actuel.
La question centrale qui préoccupe les Argentins est simple : quel revenu faut-il déclarer pour être éligible à un prêt hypothécaire ? La réponse, ces derniers mois, est devenue plus complexe. La dépréciation du peso face au dollar a mécaniquement encerclé les prix des biens immobiliers, exprimés en monnaie locale. En juin, avec un taux de change de 1 200 pesos pour un dollar, 100 millions de pesos représentaient environ 83 300 dollars américains. Aujourd’hui, avec un taux de change de 1 465 pesos pour un dollar, ce même montant équivaut à seulement 68 259 dollars américains.
Cette situation est aggravée par la hausse des taux d’intérêt bancaires et un renforcement des critères d’évaluation du risque de crédit. Les banques sont de plus en plus exigeantes quant à la solvabilité des emprunteurs, rendant l’accès au crédit hypothécaire de plus en plus ardu. BBVA et Galicia ont récemment porté leur TNA à 17%, un niveau record. Banco Nación, quant à elle, n’a pas augmenté ses taux, mais a considérablement renforcé ses exigences en matière de notation de crédit, exigeant désormais un profil de crédit quasi-parfait pour toute demande de prêt.
Plusieurs facteurs expliquent ce durcissement. Les banques manquent de financement pour accorder des prêts sur des durées aussi longues que 20 ou 30 ans. L’incertitude liée aux prochaines élections ajoute une couche de risque. Les frais bancaires, en constante augmentation, alourdissent le coût total du crédit. Enfin, le risque pays élevé maintient le système financier en état d’alerte.
« Relever la barre de la notation de crédit à ce niveau est une manière d’arrêter d’accorder des crédits sans pour autant faire bouger les taux. »
Courtier immobilier
Certaines banques ont déjà fixé un revenu minimum pour accéder à leurs lignes de crédit hypothécaire UVA. Banco Nación, par exemple, exige un revenu mensuel de 2 026 741 pesos (environ 1 384 dollars au taux de change officiel) pour un prêt de 100 millions de pesos (environ 68 259 dollars). Les mensualités initiales s’élèvent à 506 685 pesos (environ 346 dollars), un montant qui exclut d’emblée une grande partie de la population.
Dans ce contexte, le rêve d’acquérir un logement grâce à un prêt hypothécaire semble s’éloigner pour de nombreux Argentins. Les banques durcissent leurs conditions, tandis que les familles doivent justifier de revenus bien supérieurs au salaire moyen. Le paradoxe est saisissant : les crédits sont de retour, mais ils restent hors de portée pour la majorité.
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