L’arrivée de l’hiver et la diminution rapide des heures de clarté affectent particulièrement certaines régions de l’Alsace, où le soleil se couche parfois avant 16h30. Ce manque de lumière naturelle peut avoir des conséquences significatives sur la santé physique et mentale, allant de troubles du sommeil à des états dépressifs.
Fin novembre 2025, le docteur Marc Pfindel, spécialiste du sommeil, constate une augmentation des patients souffrant de sautes d’humeur, de déprime ou d’insomnie dans ses cabinets de Haguenau et Saverne. « Avec un coucher de soleil en plein après-midi, notre horloge biologique se décale et des troubles de l’humeur, de la fatigue ou du sommeil peuvent apparaître », explique-t-il.
Contrairement à une idée reçue largement diffusée sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram, Strasbourg n’est pas la ville où le soleil se couche le plus tôt en France. En réalité, c’est Lauterbourg, située à l’extrême est du Bas-Rhin, à la frontière allemande, qui détient ce record hivernal, avec un soleil disparaissant aux alentours de 16h30. Les communes voisines de Mothern, Munchhausen, Neewiller-près-Lauterbourg et Scheibenhard suivent de près. Strasbourg, quant à elle, enregistre un coucher de soleil vers 16h34, soit quelques minutes plus tard.
Ce phénomène s’explique par la longitude des communes et l’inclinaison du terminateur, la ligne de démarcation entre le jour et la nuit. Le Laboratoire Temps Espace (LTE) de Paris propose des outils et des méthodes pour étudier ces variations.
Le docteur Pfindel souligne que « quatre heures de soleil en moins » peuvent avoir des répercussions importantes sur la santé, un effet déjà bien documenté dans les pays scandinaves, où l’humeur de la population tend à se détériorer pendant l’hiver. Il observe également une tendance au repli sur soi et à la recherche de confort, pouvant mener à un état de dépression saisonnière qui se manifeste généralement entre septembre et octobre et persiste jusqu’en mars ou avril.
Pour atténuer ces effets, le spécialiste recommande plusieurs mesures : une supplémentation en vitamine D une fois par mois pendant l’hiver, une cure de vitamine C, une attention particulière à l’apport en fer, une réduction de la consommation de thé et de café en fin d’après-midi, une activité sportive matinale et un éclairage adéquat du domicile le matin et le soir. Il met également en avant l’efficacité de la luminothérapie, une pratique courante dans les pays nordiques.
« Il y a un lien direct entre la luminosité et les troubles du rythme circadien et de l’humeur », affirme Marc Pfindel. Des lampes ou des lunettes de luminothérapie sont disponibles à l’achat, avec des prix variant de 50 à plus de 200 euros selon la qualité de l’appareil.
Il est toutefois important de rappeler que les symptômes décrits peuvent également être liés à d’autres problèmes de santé. En cas de doute, il est conseillé de consulter son médecin traitant, un spécialiste du sommeil ou un psychologue.