Home MondeQuelles implications a le retour de la Colombie dans le groupe des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ?

Quelles implications a le retour de la Colombie dans le groupe des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ?

by Clara Dubois

Publié le 2 février 2024 à 18h30. La Colombie a retrouvé son siège au Conseil de sécurité des Nations Unies, un événement symbolique pour le pays qui lui permettra d’exercer une influence accrue sur les questions de paix et de sécurité internationales, à un moment crucial marqué par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

  • La Colombie occupera un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité pour un mandat de deux ans.
  • Ce retour intervient à un moment de fortes tensions géopolitiques, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient.
  • Le gouvernement Petro entend profiter de cette position pour défendre les intérêts de la Colombie et promouvoir la paix dans la région.

Le drapeau colombien a été installé ce vendredi au sein de la salle du Conseil de sécurité des Nations Unies, marquant officiellement le retour du pays au sein de cet organe clé de l’ONU. Il s’agit de la huitième fois que la Colombie siège comme membre non permanent, lui conférant la possibilité de participer activement aux décisions relatives au maintien de la paix et de la sécurité à l’échelle mondiale.

Bien que dépourvu de droit de veto – privilège réservé aux cinq membres permanents (Chine, France, Russie, Royaume-Uni et États-Unis) – la Colombie disposera d’un vote équivalent à celui des autres membres et pourra ainsi influencer la formulation et les négociations sur les dossiers inscrits à l’ordre du jour, tels que les conflits armés, les crises humanitaires et les opérations de maintien de la paix. Historiquement, les membres non permanents jouent un rôle essentiel en portant la voix et les priorités de leurs régions dans les débats internationaux.

Ce retour au Conseil de sécurité, que la Colombie préparait depuis la fin de son dernier mandat en 2012, intervient à un moment particulièrement sensible. Comme l’explique Laura Gil, ancienne ambassadrice et actuelle secrétaire générale adjointe de l’Organisation des États américains (OEA) :

« La Colombie passe en moyenne par le Conseil de sécurité une fois tous les dix ans. Pour certains, ces deux années au Conseil de sécurité sont l’occasion de laisser une marque sur le multilatéralisme. »

L’ancien ministre des Affaires étrangères, Luis Gilberto Murillo, a souligné l’importance de cette présence pour la Colombie : « Avoir une voix et un vote au Conseil de sécurité représente plus de coopération, plus de soutien à la paix et plus de capacité d’influence afin que les décisions mondiales se traduisent en résultats concrets pour la Colombie et la région. »

Le gouvernement de Gustavo Petro entend pleinement utiliser cette plateforme internationale. Le chef de l’État a d’ailleurs annoncé son intention d’assister personnellement à l’une des sessions à New York, un geste fort qui pourrait constituer un défi aux sanctions américaines qui le visent.

La présence colombienne au Conseil de sécurité sera également cruciale pour assurer le soutien international à l’accord de paix conclu dans le pays, dont la mise en œuvre connaît des difficultés croissantes. Le renouvellement du mandat de la Mission de vérification liée à la Juridiction Spéciale pour la Paix (JEP) et au Chapitre Ethnique sera notamment examiné en octobre prochain, comme cela est le cas depuis 2017.

La Colombie rejoindra au sein du Conseil de sécurité, à partir du 3 juin 2024, Bahreïn, la République démocratique du Congo, la Lettonie et le Libéria. Le Danemark, la Grèce, le Pakistan, le Panama et la Somalie resteront en fonction jusqu’à la fin de l’année 2026.

L’ambassadrice Leonor Zalabata Torres, représentante permanente de la Colombie auprès des Nations Unies, a affirmé que son pays s’engage à collaborer avec les autres membres du Conseil afin que leurs décisions contribuent à « protéger la population civile, à promouvoir la justice et à renforcer l’espoir d’une paix durable ».

En juin prochain, la Colombie assumera la présidence du Conseil de sécurité, ce qui lui permettra d’organiser et de diriger les réunions formelles et informelles, de coordonner l’ordre du jour mensuel et de représenter le Conseil auprès des autres organes de l’ONU et des médias. Elle aura également la possibilité de définir des priorités thématiques ou géographiques, par exemple à travers l’organisation de débats ouverts.

JUAN PABLO PENAGOS RAMIREZ

Écriture politique

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