Publié le 26 décembre 2025 à 22h34. Israël a annoncé ce jeudi la reconnaissance officielle du Somaliland, une région autoproclamée indépendante de la Somalie, une décision qui suscite de vives réactions dans la région de la Corne de l’Afrique et au-delà.
- Israël est le premier pays à reconnaître officiellement le Somaliland.
- La Somalie dénonce une « attaque consciente » contre sa souveraineté.
- Plusieurs pays, dont la Turquie, l’Égypte et Djibouti, ont condamné la décision israélienne.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a officialisé cette reconnaissance lors d’une conversation vidéo avec le dirigeant du Somaliland, Mohammed Abdullahi, et son ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar. Une déclaration conjointe a été signée par les trois hommes, marquant une rupture diplomatique significative.
La décision israélienne intervient dans un contexte géopolitique complexe. Le Somaliland, qui a déclaré son indépendance en 1991, n’a jusqu’à présent pas été reconnu par la communauté internationale. Cette reconnaissance par Israël pourrait ouvrir la voie à d’autres reconnaissances et modifier l’équilibre des forces dans la région.
La Somalie a immédiatement réagi en qualifiant cette reconnaissance de « violation flagrante » de sa souveraineté. Le Premier ministre somalien, Hamza Abdi Barre, a dénoncé une « attaque consciente » contre l’intégrité territoriale de son pays.
Plusieurs autres pays ont également exprimé leur désapprobation. La Turquie, l’Égypte et Djibouti ont condamné la décision israélienne, la jugeant préjudiciable à la stabilité régionale. Les ministres des Affaires étrangères de ces trois pays ont tenu des réunions avec leurs homologues israéliens pour exprimer leurs préoccupations.
« Les ministres ont complètement rejeté et condamné la reconnaissance par Israël de la région du Somaliland. Ils ont souligné leur plein soutien à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie. »
Ministère égyptien des Affaires étrangères
Le Conseil de coopération du Golfe a également dénoncé une « grave violation » du droit international, tandis que l’Organisation de la coopération islamique a annoncé qu’elle « rejetait » la décision israélienne.
Netanyahu a affirmé que cette reconnaissance s’inscrivait dans la continuité des Accords d’Abraham, une série d’accords de normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes, initiés sous l’administration de Donald Trump. Il a également annoncé son intention d’établir une « coopération urgente » avec le Somaliland dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de la technologie et de l’économie.
Le Somaliland a quant à lui indiqué qu’il rejoindrait les Accords d’Abraham. Les dirigeants somalilandais ont par ailleurs démenti avoir reçu des propositions des États-Unis ou d’Israël concernant le transfert de Palestiniens de Gaza vers leur territoire.
Situé dans la Corne de l’Afrique, le Somaliland partage des frontières avec l’Éthiopie, la Somalie et Djibouti. Sa déclaration d’indépendance, il y a environ 34 ans, n’a jusqu’à présent pas été suivie d’une reconnaissance internationale.
Cette décision intervient également dans un contexte de tensions croissantes dans la région, notamment suite à la signature d’un accord entre l’Éthiopie et le Somaliland en janvier dernier, prévoyant l’établissement d’une base navale éthiopienne sur le territoire somalilandais. La Turquie a renforcé ses liens avec la Somalie ces dernières années, notamment en signant un accord-cadre de défense et de coopération économique le 8 février, incluant la protection des eaux territoriales somaliennes par une base militaire turque à Mogadiscio.
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