Publié le 31 octobre 2025 à 21h30. La Banque centrale européenne (BCE) franchit une étape décisive dans le développement de l’euro numérique, avec le lancement prochain d’une phase de tests grandeur nature. Ce projet vise à adapter la monnaie publique à l’ère du paiement électronique, mais sa mise en œuvre reste soumise à des conditions réglementaires et techniques.
- La BCE entame une phase de tests pilotes impliquant banques, fournisseurs de technologies, entreprises et consommateurs.
- L’émission potentielle d’un euro numérique n’est pas garantie avant 2029 et dépend de l’approbation du cadre réglementaire européen.
- Le projet ne vise pas à remplacer la monnaie physique ni à supplanter le secteur bancaire traditionnel.
Après deux ans de préparation intensive, la Banque centrale européenne a annoncé le passage à la prochaine phase du projet d’euro numérique. Cette initiative, lancée en novembre 2023, vise à moderniser la monnaie unique face à l’essor des paiements électroniques et à assurer la souveraineté numérique de la zone euro. Les dirigeants européens avaient d’ailleurs appelé à accélérer les travaux lors du sommet d’octobre 2025, afin de maintenir la capacité de l’Europe à innover dans le domaine des paiements.
La phase de tests pilotes, qui débutera prochainement, permettra de valider le fonctionnement du système tant sur le plan technique qu’en situation réelle. Banques, entreprises technologiques, commerçants et consommateurs seront invités à participer à ces expérimentations, qui porteront sur des transactions quotidiennes et des contrôles de sécurité. L’objectif est de s’assurer que l’euro numérique, s’il est finalement adopté, sera fiable, simple d’utilisation et sécurisé.
La BCE insiste sur le fait que cette avancée ne signifie pas que l’euro numérique est sur le point d’être lancé, ni qu’il remplacera la monnaie fiduciaire. La trésorerie continuera d’exister, et le projet nécessite toujours un soutien législatif pour aboutir. L’institution précise également qu’il ne s’agit pas d’une cryptomonnaie décentralisée, ni d’une tentative de contourner le secteur bancaire. Au contraire, l’architecture proposée prévoit que les banques restent le principal canal d’accès et d’utilisation de l’euro numérique pour les citoyens et les entreprises.
Le calendrier prévisionnel prévoit une éventuelle première émission de l’euro numérique en 2029, à condition que le règlement européen soit approuvé d’ici 2026 et que les tests pilotes confirment la viabilité du système. Ce cadre réglementaire définira les droits, les limites et les obligations liés à l’utilisation de l’euro numérique, ainsi que les modalités de participation des institutions financières.
Cependant, l’adhésion au projet n’est pas encore assurée. Une enquête menée par la Bundesbank en avril 2024 a révélé que la moitié des Allemands se disaient prêts à utiliser l’euro numérique, tandis que 41 % connaissaient déjà le projet. En Espagne, une étude de Monitor Deloitte a montré que 61 % des personnes interrogées ne prévoyaient pas de l’adopter pour le moment, en raison d’un manque d’informations et d’une satisfaction relative à l’égard des méthodes de paiement actuelles. Au niveau européen, une enquête du BEUC a souligné que la protection de la vie privée était une priorité pour 81 % des consommateurs, suivis de la sécurité et de l’absence de frais.
Les prochaines étapes seront donc à la fois techniques et politiques. La BCE espère avoir les fondations en place pour lancer les tests pilotes en 2027 et envisager une éventuelle émission en 2029, sous réserve de l’approbation du règlement européen et de la confirmation de la viabilité du système. Ce processus sera progressif et adaptable, soulignant l’importance pour l’Europe de se préparer à une option qui pourrait renforcer son autonomie dans le domaine des paiements.
Images | BCE | Omid Armin
À Xataka | Le monde ne semblait pas préparé à la fin du cash. L’euro numérique montre clairement que oui