Publié le 6 décembre 2023 16:45. L’essor de l’intelligence artificielle générative ouvre la voie à de nouvelles formes d’escroqueries et de désinformation, comme en témoigne l’usurpation d’identité de l’astronome Avi Loeb par des créateurs de contenu sur YouTube. Cette affaire soulève des questions cruciales sur l’authenticité de l’information à l’ère numérique.
- Un astronome de Harvard, Avi Loeb, a été victime d’une usurpation d’identité sur YouTube, où une chaîne diffusait de fausses vidéos créées par intelligence artificielle.
- Les vidéos contenaient des affirmations sensationnalistes concernant l’objet interstellaire 3I/ATLAS, allant au-delà des conclusions scientifiques de Loeb.
- L’affaire met en lumière la facilité avec laquelle l’IA peut être utilisée pour créer de faux contenus et la difficulté de les distinguer de la réalité.
Avi Loeb, astronome à l’université Harvard, s’est retrouvé au centre d’une affaire d’usurpation d’identité particulièrement troublante. Une chaîne YouTube, se présentant sous le nom de « Dr Avi Loeb », diffusait des vidéos générées par intelligence artificielle (IA) imitant son image et sa voix. Ces vidéos, qui ont été visionnées plus de 1,4 million de fois depuis leur mise en ligne en septembre, présentaient des théories audacieuses et non étayées concernant l’objet interstellaire 3I/ATLAS, un mystère qui fascine la communauté scientifique.
Loeb, connu pour ses hypothèses audacieuses, notamment sa théorie selon laquelle 3I/ATLAS pourrait être un vaisseau spatial extraterrestre, a confirmé que ces vidéos étaient fausses.
« En effet, ces vidéos sont fausses, produites par l’IA »,
Avi Loeb, astronome à Harvard
Il a immédiatement signalé le contenu à YouTube, mais déplore le manque de réaction de la plateforme. Les vidéos de la chaîne YouTube, contrairement aux analyses prudentes de Loeb, affichaient des titres accrocheurs tels que « 3I/ATLAS est une SONDE — De nouvelles données ne laissent aucun doute ».
L’astronome a également souligné les implications plus larges de cette affaire dans un article de blog récent, explorant les dangers de la désinformation alimentée par l’IA.
« Imaginez créer des vidéos présentant des avatars de scientifiques qui leur ressemblent et parlent avec leur voix, mais diffusent des informations contrefactuelles sur 3I/ATLAS. Comment le public saurait-il qui croire ? »
Avi Loeb, astronome à Harvard
Il a également noté des anomalies subtiles dans les vidéos, comme une horloge figée, suggérant une manipulation artificielle.
Loeb envisage des actions en justice contre les créateurs de ces fausses vidéos, les accusant de diffamation et de diffusion de faux contenus. Il estime que la chaîne YouTube, qui a débuté en septembre en publiant du contenu en tagalog sur des conseils de santé, pourrait avoir été motivée par des gains financiers grâce à la publicité, compte tenu de sa large base de fans (plus de 5 millions de lecteurs mensuels sur Medium.com). Selon certaines estimations, le compte aurait pu générer entre 14 000 et 42 000 dollars (entre 12 800 et 38 500 euros) si les vues avaient été monétisées au taux de 1 à 3 centimes par visionnage.
Cette affaire intervient dans un contexte d’inquiétude croissante concernant l’utilisation de l’IA pour créer des deepfakes et des contenus trompeurs. La politique d’usurpation d’identité de YouTube interdit explicitement la création de contenu visant à imiter une personne ou une chaîne. Loeb appelle à une plus grande vigilance et à des mesures plus efficaces pour lutter contre la désinformation à l’ère de l’IA.
« Nous vivons dans une nouvelle réalité où de faux contenus peuvent être facilement générés par l’IA. Cela pose un sérieux problème quant à la manière d’authentifier la validité des informations sur Internet. »
Avi Loeb, astronome à Harvard
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