Publié le 8 janvier 2026 à 08h00. Après une année 2025 décevante, Hollywood mise sur ses franchises les plus solides pour reconquérir le public et prouver que le cinéma reste une expérience incontournable, malgré la concurrence du streaming.
- Disney lancera Toy Story 5 en juin, plus de 30 ans après le premier volet.
- Marvel et Warner Bros. s’affronteront en décembre avec respectivement Avengers : Doomsday et Dune : Troisième partie.
- Les recettes au box-office devraient augmenter légèrement en 2026, mais rester inférieures aux niveaux pré-pandémiques.
Les studios hollywoodiens espèrent que la sortie de plusieurs suites très attendues permettra de redresser les chiffres du box-office. Disney prévoit de sortir Toy Story 5 en juin, un film qui ravira les fans de la franchise Pixar lancée il y a plus de trois décennies. En décembre, le public aura l’embarras du choix entre Avengers : Doomsday, le prochain chapitre de la saga Marvel, et Dune : Troisième partie, qui conclura l’adaptation cinématographique du roman de Frank Herbert.
D’autres suites sont également au programme, notamment une suite au film Super Mario Bros, un quatrième opus des aventures de l’Homme-Araignée incarné par Tom Holland, et un septième film mettant en scène les Minions. Cependant, malgré cette programmation riche en titres connus, l’avenir du box-office en 2026 reste incertain.
L’inquiétude persiste quant à la possibilité de connaître de longues périodes de faible fréquentation, comme ce fut le cas en 2025, où le manque de blockbusters a pénalisé les salles obscures.
« Le principal problème est l’offre. »
Daniel Loria, vice-président principal de The Boxoffice
Selon Daniel Loria, l’offre de films est encore trop irrégulière pour garantir une année florissante. Il estime que les recettes au box-office aux États-Unis et au Canada devraient atteindre environ 9,2 milliards de dollars en 2026, contre 8,9 milliards de dollars en 2025. Ces chiffres restent toutefois inférieurs aux 11,9 milliards de dollars enregistrés en 2018, année record avant la pandémie.
L’année 2023 avait apporté un regain d’optimisme grâce au succès phénoménal de Barbie et Oppenheimer, qui avaient permis de dépasser la barre des 9 milliards de dollars de recettes. Actuellement, les salles de cinéma bénéficient de l’engouement suscité par les films de fin d’année, notamment Avatar : La Voie de l’eau, le troisième volet de la franchise à succès de James Cameron, qui a déjà rapporté plus d’un milliard de dollars dans le monde. Zootopie 2 (sorti sous le titre Zootopie 2 dans certains territoires) a également engrangé 1,6 milliard de dollars à l’échelle mondiale, en partie grâce à un accueil favorable en Chine. Le film d’animation fantastique chinois Ne Zha 2 a quant à lui dominé le box-office local, devenant le film le plus rentable de l’année avec 2,2 milliards de dollars de recettes.
Certains experts craignent toutefois que l’élan actuel ne s’essouffle une fois les films à succès des fêtes de fin d’année sortis des salles.
« Le premier trimestre 2025 a été absolument désastreux. »
Paul Dergarabedian, responsable des tendances du marché chez Comscore
Paul Dergarabedian souligne que le calendrier de sorties est devenu moins prévisible, avec des mois plus creux que d’autres. L’année 2025 avait été marquée par un coup de pouce inattendu avec le succès de Minecraft, le film, produit par Warner Bros., qui s’est classé comme le cinquième film le plus rentable de l’année. Ce succès a été suivi par une série de films performants, dont Furiosa, Mission : Impossible – Dead Reckoning Partie 1 et Lilo & Stitch.
Apple a également connu un succès estival avec F1, avec Brad Pitt, tandis que DC a relancé sa franchise Superman avec un nouveau film. Cependant, la saison estivale a été globalement moins performante que les deux années précédentes, laissant Netflix s’emparer de la surprise de l’été avec K-Pop Demon Hunters.
Le service de streaming a diffusé le film dans 1 750 cinémas au Canada et aux États-Unis pendant un seul week-end, atteignant le sommet du box-office avec des recettes estimées entre 18 et 20 millions de dollars – une première pour Netflix. Cette incursion réussie de Netflix dans les salles obscures est d’autant plus ironique que les exploitants de cinémas lui reprochent son refus de proposer ses films les plus prestigieux en exclusivité dans les salles. De nombreux professionnels du secteur accusent également le géant du streaming d’avoir fragilisé le modèle économique traditionnel du cinéma en facilitant l’accès aux films et aux séries à domicile.
Le mois dernier, Netflix a annoncé l’acquisition de Warner Bros. Discovery pour 83 milliards de dollars, une opération qui suscite l’inquiétude à Hollywood. Ted Sarandos, co-directeur général de Netflix, a promis que les films Warner continueraient à sortir en salles comme par le passé, sous réserve de l’approbation des autorités de régulation. Néanmoins, beaucoup craignent que Netflix ne réduise la durée d’exclusivité des films Warner Bros. dans les cinémas.
Luis Olloqui, PDG de Cinépolis pour les Amériques, se montre optimiste quant à 2026, soulignant que la programmation s’annonce plus prometteuse que l’année précédente. Il insiste toutefois sur la nécessité pour l’industrie de s’adapter à la nouvelle donne.
« Nous ne pouvons pas nous contenter d’espérer un retour aux chiffres de 2019. Nous devons nous adapter à la nouvelle industrie et essayer d’en tirer le meilleur parti. »
Luis Olloqui, PDG de Cinépolis pour les Amériques
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