Home SantéQu’est-ce que le VIM Pseudomonas aeruginosa ?

Qu’est-ce que le VIM Pseudomonas aeruginosa ?

by Sophie Martin

Une souche particulièrement virulente de la bactérie Pseudomonas aeruginosa, capable de résister aux antibiotiques les plus puissants, suscite l’inquiétude des spécialistes. Cette bactérie, baptisée VIM Pseudomonas aeruginosa, représente une menace croissante, notamment en milieu hospitalier.

Pseudomonas aeruginosa est une bactérie très répandue dans l’environnement : on la retrouve dans le sol, l’eau, sur les plantes et même sur la peau des animaux et des humains. Sa capacité à former un biofilm, une couche protectrice de polysaccharides, lui permet d’échapper aux défenses immunitaires de l’hôte. De plus, sa structure Gram négative rend difficile l’absorption des antibiotiques.

La particularité de la souche VIM réside dans sa capacité à produire une enzyme, une métallo-β-lactamase (MBL), qui détruit les carbapénèmes, une classe d’antibiotiques souvent utilisés en dernier recours. VIM est l’acronyme de Métallo-β-lactamase codée par un intégron de Vérone. Un intégron est un segment d’ADN capable d’acquérir et d’intégrer du matériel génétique provenant d’autres bactéries, même après leur mort, via un processus appelé transfert horizontal de gènes. L’intégron de Vérone, identifié pour la première fois dans un échantillon prélevé à l’hôpital universitaire de Vérone, en Italie, capture l’ADN responsable de la production de cette enzyme destructrice de carbapénèmes.

Les infections causées par P. aeruginosa sont déjà responsables de 13 à 19 % des infections associées aux soins (IAS), avec un taux de mortalité d’environ 18 %. Cependant, la souche VIM-PA (VIM Pseudomonas aeruginosa) est encore plus mortelle, avec un taux de mortalité atteignant environ 30 %, variable selon la localisation de l’infection. L’absence d’options thérapeutiques efficaces face à cette résistance aux antibiotiques rend cette bactérie particulièrement redoutable.

Une étude récente a révélé que près de 90 % des transmissions de P. aeruginosa et VIM-PA se font par le biais d’un environnement contaminé, et seulement 13,7 % par contact direct (transmission croisée via les mains). La capacité de cette bactérie à former des biofilms lui permet de résister aux protocoles de désinfection standards, ce qui la rend particulièrement dangereuse dans les unités de soins intensifs, où les patients sont les plus vulnérables.

Les surfaces les plus souvent contaminées sont les barrières de lit et les boutons des ventilateurs, mais aussi les éviers et les systèmes d’approvisionnement en eau. Les éviers, en particulier, offrent un environnement idéal pour la survie de la bactérie et le transfert horizontal de gènes, grâce à l’humidité et à la présence d’autres bactéries. Une fois présente dans un évier ou un système d’eau, P. aeruginosa peut être extrêmement difficile à éliminer, nécessitant parfois le remplacement complet de l’installation.

La bactérie peut également coloniser le corps humain, augmentant ainsi le risque d’infections récurrentes. Il est donc crucial de respecter scrupuleusement les protocoles d’hygiène et de nettoyage, mais également de s’assurer que les surfaces ne permettent pas aux bactéries de survivre suffisamment longtemps pour échanger des gènes et développer une résistance.

L’intégration de matériaux biocides, tels que le cuivre, dans la fabrication des barrières de lit, des éviers et des plans de travail, pourrait constituer une solution prometteuse. Ces surfaces, imprégnées de cuivre, permettent d’éliminer la contamination bactérienne, y compris P. aeruginosa, en moins de deux heures, offrant ainsi une protection supplémentaire dans les environnements de soins critiques.

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