Publié le 6 novembre 2025 à 12h07. Juan Carlos Suárez Ortiz a comparu devant la justice colombienne pour le meurtre de Jaime Esteban Moreno, un étudiant assassiné lors d’une fête d’Halloween à Bogotá. L’affaire suscite une vive émotion et soulève des questions sur la qualification juridique des faits.
- Juan Carlos Suárez Ortiz a plaidé non coupable et sa prochaine audience est prévue le 6 novembre à 9h du matin, où une mesure d’assurance sera décidée.
- La victime, Jaime Esteban Moreno, a subi de multiples coups violents à la tête et au corps, entraînant un traumatisme crânien grave et des lésions organiques importantes.
- L’avocat spécialisé en droit pénal, Ivan Cancino, estime que l’accusation d’homicide intentionnel pourrait être revue au profit d’une qualification d’homicide prévolontaire.
L’affaire du meurtre de Jaime Esteban Moreno, survenu le 31 octobre dernier, continue de faire l’objet d’une enquête approfondie. Lors de l’audience du 5 novembre, le procureur a détaillé la brutalité de l’agression, révélant que Moreno avait été victime de coups violents à la tête et au corps. Ces blessures ont provoqué un traumatisme crânien sévère ainsi que des dommages considérables à d’autres organes vitaux.
Selon le procureur, Juan Carlos Suárez Ortiz, en collaboration avec une autre personne actuellement en fuite, aurait rattrapé la victime et l’aurait agressée à coups de poing jusqu’à ce qu’elle tombe au sol. Une fois à terre, Moreno aurait reçu de nombreux coups de pied au visage et au corps. Une femme identifiée comme Kaleidymar Paola Fernández Sulbará, vêtue d’un costume bleu, aurait encouragé les agresseurs à poursuivre leur attaque, alors que la victime était en train de s’étouffer avec son propre sang.
Ortiz a contesté les accusations portées contre lui lors de l’audience de ce 5 novembre. La procédure a ensuite été suspendue et reprendra le 6 novembre à 9 heures du matin, afin de déterminer la mesure d’assurance qui lui sera appliquée.
Pour ce crime, l’accusé risque une peine de 480 à 600 mois d’emprisonnement, ce qui équivaut à une peine de 40 à 50 ans de prison. S’il avait accepté les accusations, il aurait pu bénéficier d’une réduction de peine allant jusqu’à la moitié.
L’avocat Ivan Cancino, spécialiste en droit pénal, a déclaré à Infobae que, bien que l’accusation d’homicide intentionnel ne soit pas dénuée de fondement, l’homicide prévolontaire pourrait mieux correspondre aux faits tels qu’ils ont été présentés. Il a expliqué que l’article 105 du Code pénal définit l’homicide prévolontaire comme un acte qui entraîne la mort d’une personne, avec une réduction de peine d’un tiers à la moitié.
Cancino a souligné que, d’après les enregistrements et les témoignages, Ortiz n’avait pas l’intention de tuer Moreno, mais plutôt de l’attaquer dans un moment d’exaltation. Il a précisé que l’intention initiale n’était pas de causer la mort, mais d’infliger des blessures, et que le résultat fatal était imprévisible.
« Son intention n’était pas de tuer, mais d’attaquer, de blesser, mais évidemment le résultat était la mort. »
Ivan Cancino, avocat spécialisé en droit pénal
Cancino a également suggéré que la pression médiatique et le soutien à la victime pourraient avoir incité le parquet à retenir une qualification juridique plus sévère. Il estime qu’une négociation ou une acceptation d’une accusation d’homicide prévolontaire pourrait intervenir à terme.
Camilo Rincón, représentant de la famille de Jaime Esteban Moreno, a quant à lui insisté sur le fait que l’homicide intentionnel s’applique dans cette affaire, car le jeune homme de 20 ans a été attaqué sans provocation.
L’affaire rappelle celle du chanteur vallenato Diomedes Díaz, condamné en 2001 pour l’homicide prévolontaire de Doris Adriana Enfant, décédée en 1997. Díaz avait été reconnu coupable de 12 ans et 6 mois de prison pour avoir agi avec violence, sans intention de tuer. Il s’était ensuite enfui et était resté en fuite pendant trois ans.
Jaime Esteban Moreno Jaramillo, assassiné lors d’une fête d’Halloween. Photo:Dossier privé
María Paula Rodríguez Rozo
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