Publié le 4 janvier 2026. L’opération américaine contre Nicolás Maduro et son épouse a plongé le Venezuela dans un silence inquiet, sans pour autant entraîner d’euphorie populaire, alors que Delcy Rodríguez assure l’intérim, suscitant des craintes de répression.
- L’opération américaine contre Maduro et sa femme a créé un climat de peur et d’incertitude au Venezuela.
- La nomination de Delcy Rodríguez à la présidence par intérim ne suscite pas d’espoir de changement profond.
- Les Vénézuéliens craignent une intensification de la répression et une ingérence américaine accrue.
Des explosions entendues dans la capitale, Caracas, ont révélé l’opération américaine, mais les médias officiels n’en ont fait état qu’au matin. Plusieurs habitants, craignant des représailles, témoignent anonymement d’un retour à la peur et à la surveillance, malgré l’éviction apparente du dictateur. « Le régime est toujours actif », affirme un avocat, soulignant que les principaux acteurs du pouvoir sont toujours en place.
Ce qui frappe, cependant, est l’absence d’enthousiasme face au départ de Maduro après près de treize ans au pouvoir. « La tête du serpent a été coupée, mais le serpent continue de bouger », explique un professeur, illustrant la crainte que les partisans les plus radicaux du régime restent aux commandes. Cette inquiétude se traduit par une absence de célébrations dans les rues, perturbées par des problèmes de transport et des pénuries alimentaires.

Des personnes se tiennent à côté de conteneurs maritimes endommagés dans le port de La Guaira, au Venezuela, le 3 janvier 2026.
Maxwell Briceno / Reuters
La Cour suprême vénézuélienne a désigné Delcy Rodríguez, ancienne vice-présidente, pour assurer l’intérim. Cette nomination inquiète, car Rodríguez est une fervente défenseure de la politique du régime et connue pour son discours virulent. Elle a précédemment occupé le poste de ministre des Affaires étrangères. Selon Donald Trump, Rodríguez aurait déjà eu un entretien téléphonique avec le secrétaire d’État et le conseiller à la sécurité nationale américain, Marco Rubio, et se serait déclarée prête à coopérer avec les États-Unis. L’ancien vice-président colombien Francisco Santos Calderón affirme même que Rodríguez aurait contribué à organiser l’extradition de Maduro vers les États-Unis.
The guilty one walked.pic.twitter.com/34iIsFUDdG
– Rapid Response 47 (@RapidResponse47) 4 janvier 2026

Des manifestants contre Nicolas Maduro se rassemblent devant le Metropolitan Detention Center de New York, le 3 janvier 2026.
Yuki Iwamura / AP
Cependant, après les déclarations de Trump, la vice-présidente s’est présentée samedi soir aux côtés des principaux membres du régime, affirmant : « Nous défendrons notre pays, nous nous battrons si nous sommes attaqués. » Les observateurs locaux doutent de la volonté de Rodríguez de collaborer avec Washington, soulignant son rôle et celui de son frère, Jorge, président du Parlement, en tant que piliers idéologiques du régime. Leur père, fondateur du parti marxiste Liga Socialista, est vénéré par le régime comme un martyr de la lutte révolutionnaire.
Néanmoins, les frères Rodríguez pourraient être vulnérables, car ils ne contrôlent pas les milices, l’armée ou la police secrète. Les États-Unis souhaitent désormais assurer le gouvernement du Venezuela jusqu’à une « transition sûre, ordonnée et soigneusement organisée », selon les termes de Trump, une perspective rejetée par de nombreux Vénézuéliens. « Nous ne sommes pas Porto Rico ! » s’indigne un avocat.
La décision de Trump de juger María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix, inapte à diriger le pays a également surpris. « Il lui serait très difficile de prendre le pouvoir parce qu’elle n’a pas le soutien et le respect de la population du pays », a déclaré Trump, écartant ainsi la principale figure de l’opposition. Il a précisé qu’il n’avait pas eu de contact direct avec Machado.
Il y a un an et demi, Machado avait joué un rôle déterminant dans la défaite de Maduro aux élections, et avait même pu prouver une fraude électorale. Les interlocuteurs interrogés ne s’attendent pas à un changement de régime rapide, comme l’espère Trump, mais plutôt à un processus de transition long et complexe.
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