Home AffairesQuestions et réponses sur tout ce qui concerne la version américaine de la loi martiale, l’Insurrection Act : Weekly Times

Questions et réponses sur tout ce qui concerne la version américaine de la loi martiale, l’Insurrection Act : Weekly Times

by Amélie Bernard

Mis à jour le 19 janvier 2026 à 05h39. Un avocat d’origine coréenne, basé aux États-Unis, a tiré la sonnette d’alarme concernant la possibilité que l’administration Trump puisse recourir à la loi sur l’insurrection, un texte juridique controversé permettant de déployer l’armée sur le territoire national pour des missions de maintien de l’ordre.

  • La loi sur l’insurrection, bien que moins spectaculaire que la loi martiale, permet au président américain de mobiliser l’armée pour des opérations de sécurité intérieure sans l’aval immédiat du Congrès ou des tribunaux.
  • Selon l’avocat, la culture politique actuelle aux États-Unis, combinée à une volonté de concentration des pouvoirs, rend l’utilisation de cette loi plus probable qu’auparavant.
  • La résistance civile non-violente, la pression institutionnelle et la solidarité internationale sont présentées comme les principaux moyens de prévenir un tel scénario.

Park Dong-gyu, un avocat américain d’origine coréenne, a récemment publié sur Facebook une analyse détaillée des mécanismes légaux régissant le déploiement de la Garde nationale et l’invocation de la loi sur l’insurrection aux États-Unis. Son objectif : mettre en garde contre un possible abus de pouvoir de la part de l’administration Trump. L’avocat souligne que, contrairement à une idée reçue, la loi sur l’insurrection représente un danger plus insidieux que la déclaration formelle de la loi martiale, car elle permet d’obtenir des effets similaires sans les mêmes garde-fous.

L’analyse de Park Dong-gyu s’articule autour d’une série de questions-réponses qui décortiquent les aspects juridiques et historiques de ces dispositifs. Il rappelle ainsi que, en temps normal, le commandement de la Garde nationale, une unité militaire d’État, incombe au gouverneur concerné, en vertu de la Constitution et des lois de l’État. Le président ne prend le contrôle que lorsque la Garde nationale est fédéralisée, une procédure qui peut être déclenchée en cas de guerre ou d’urgence équivalente, notamment en cas d’incapacité à faire appliquer la loi fédérale ou de violation des droits civiques. L’avocat met en garde contre le risque que Donald Trump interprète ces critères de manière arbitraire.

L’histoire américaine fournit des exemples concrets de l’invocation de ces pouvoirs. En 1957, lors de la crise du lycée de Little Rock , le président Eisenhower a dû fédéraliser la Garde nationale de l’Arkansas pour faire respecter une décision de justice ordonnant la déségrégation scolaire. Plus tard, en 1992, lors des émeutes de Los Angeles , le président a également invoqué la loi sur l’insurrection, à la demande du gouverneur, pour déployer l’armée. Park Dong-gyu souligne que, contrairement à ces situations, Donald Trump n’a pas réussi à déployer les troupes fédérales en 2020, malgré ses déclarations, en raison de l’opposition des chefs militaires, des gouverneurs et des considérations politiques liées à l’élection présidentielle.

L’avocat met en évidence le caractère particulièrement dangereux de la loi sur l’insurrection, qui permet au président de déployer l’armée pour des missions de sécurité intérieure sans contrôle judiciaire immédiat ni approbation du Congrès. Il explique également que le “Projet 2025”, un plan politique élaboré par la Heritage Foundation , vise à institutionnaliser la politisation de l’autorité militaire et sécuritaire, transformant ainsi les pouvoirs d’exception en une forme de gouvernance permanente. Il s’inquiète de la difficulté pour les gouverneurs et les tribunaux de contester l’invocation de cette loi dans l’immédiat, les recours étant souvent *a posteriori*.

Selon Park Dong-gyu, la dernière ligne de défense réside dans la résistance civile non-violente et la pression exercée par les citoyens à travers des manifestations et des rassemblements. Il insiste sur l’importance de saper la légitimité de toute tentative d’invocation de la loi sur l’insurrection. Il met également en garde contre les dangers d’une alliance avec des milices d’extrême droite, qui risquerait de brouiller la frontière entre violence d’État et violence privée. Enfin, il souligne que le problème actuel ne réside pas tant dans un changement de la loi elle-même que dans une évolution de la culture politique, marquée par une volonté de concentration des pouvoirs et une normalisation de l’état d’urgence.

L’avocat conclut en affirmant que le principal danger réside dans le désir de pouvoir de Donald Trump, qui ambitionne d’établir un système présidentiel impérial, échappant à tout contrôle. La loi sur l’insurrection serait, selon lui, l’outil juridique idéal pour atteindre cet objectif. Il souligne que la situation aux États-Unis est plus préoccupante qu’en Corée, où des mécanismes de contrôle parlementaire et une forte stigmatisation politique limitent les risques d’abus de pouvoir.

Pour prévenir une telle situation, Park Dong-gyu appelle à une mobilisation de la société civile, à une pression institutionnelle, à une dénonciation médiatique et à une solidarité internationale. Il insiste sur le fait qu’il est plus efficace de saper la légitimité de l’invocation de la loi sur l’insurrection que de tenter de s’y opposer par la force, ce qui pourrait conduire à une guerre civile.

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