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Qui sont les acteurs de la guerre dévastatrice au Soudan ?

by Clara Dubois

Publié le 31 octobre 2025 08:32:00. Au Soudan, la guerre civile entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (RSF) s’enlise, alimentée par des accusations mutuelles de soutien étranger et menaçant de déstabiliser l’ensemble de la région.

  • Les deux camps en conflit, l’armée soudanaise et les RSF, s’accusent de recevoir une aide militaire de puissances étrangères.
  • L’Égypte soutient ouvertement l’armée soudanaise, tandis que les Émirats arabes unis sont accusés de fournir des armes et des mercenaires aux RSF.
  • Le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et déplacé près de 12 millions de personnes, plongeant le Soudan dans une crise humanitaire majeure.

Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par une guerre fratricide opposant l’armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (RSF), commandées par Mohamed Hamdan Daglo. Les deux hommes, autrefois alliés, se disputent le pouvoir après avoir renversé ensemble le gouvernement de transition civil en octobre 2021, mettant fin à la période post-Bashir initiée en 2019.

Les Nations Unies ont à plusieurs reprises appelé à un cessez-le-feu et à l’arrêt de toute ingérence extérieure, mais ces appels sont restés vains. La situation est d’autant plus préoccupante que les deux camps s’accusent mutuellement de bénéficier d’un soutien logistique et militaire de la part de pays voisins et de puissances régionales.

L’armée soudanaise, qui contrôle actuellement le nord, l’est et le centre du pays, gouverne depuis la ville portuaire de Port-Soudan, sur la mer Rouge, avec Kamil Idris comme Premier ministre depuis mai 2025. Les RSF, quant à elles, ont établi une administration parallèle rivale à Nyala, capitale du Darfour Sud, et dominent la majeure partie de l’ouest du pays. Leurs origines remontent aux milices Janjaweed, tristement célèbres pour les atrocités commises lors du conflit de 2003 dans la région du Darfour, selon des groupes de défense des droits humains.

Les accusations de soutien étranger se multiplient. L’Égypte, voisine du Soudan, est considérée comme un allié clé de l’armée soudanaise et accueille régulièrement le général Burhan au Caire. Les RSF affirment que Le Caire fournit un soutien militaire direct aux troupes de Burhan, ce que l’Égypte dément fermement. Des analystes suggèrent que l’Égypte bénéficie du soutien financier de l’Arabie saoudite dans cette affaire.

Les Émirats arabes unis sont, quant à eux, accusés par l’armée soudanaise de soutenir les RSF avec des armes et des mercenaires, notamment colombiens, acheminés via le Tchad, la Libye, le Kenya ou la Somalie. Le gouvernement soudanais a même rompu ses relations diplomatiques avec Abou Dhabi en mai, l’accusant de fournir des drones aux RSF. Abou Dhabi nie toute implication, malgré les preuves présentées dans des rapports de l’ONU et des enquêtes open source.

D’autres acteurs régionaux sont également pointés du doigt. En Libye, les forces fidèles à Khalifa Haftar, homme fort de l’est libyen, sont accusées de soutenir l’offensive des RSF dans une zone stratégique à la frontière avec l’Égypte et la Libye. Le Tchad est également accusé de servir de relais d’approvisionnement crucial aux RSF pour le compte d’Abou Dhabi, des allégations que le président Mahamat Idriss Déby Itno a toujours niées. La Turquie, rivale des Émirats arabes unis, a exprimé son soutien à l’armée soudanaise et aurait fourni des drones utilisés pour frapper les positions des RSF, selon plusieurs médias, dont le Washington Post.

L’Iran, avec lequel Khartoum a rétabli ses relations diplomatiques en octobre 2023, est accusé par les RSF de fournir des drones à l’armée soudanaise, une information qui inquiète les États-Unis. Enfin, la Russie, partenaire militaire du Soudan sous le régime de longue date d’Omar al-Bashir, a négocié la construction d’une base navale sur la mer Rouge en 2020 et continue de renforcer ses liens militaires et économiques avec Khartoum.

En juin, le gouvernement soudanais basé à Port-Soudan a affirmé avoir découvert des armes et des munitions étiquetées « Made in Kenya » dans des caches de RSF à Khartoum, accusant Nairobi de favoriser la division en agissant comme point de transit pour le matériel militaire fourni par les Émirats arabes unis. Le Kenya a également accueilli la réunion fondatrice de la branche politique des RSF en février.

En savoir plus: Une « campagne de destruction » est en cours au Soudan, selon un travailleur caritatif

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