L’achat de voix, véritable gangrène de la vie politique nigériane, doit être combattu dès les primaires, a affirmé Peter Obi, candidat du Parti travailliste à la présidentielle de 2023. Son constat sans appel dénonce un système de corruption qui s’étend bien au-delà des élections nationales, menaçant les fondements de la démocratie et du développement.
Pour Obi, l’urgence est de s’attaquer à ce fléau à sa source : les processus de sélection des candidats au sein des partis politiques. « Si les primaires sont le lieu où les candidats sont choisis, c’est là que les incitations à la corruption et l’achat de votes sont d’abord légitimés », a-t-il souligné. Autoriser ces pratiques lors des primaires, selon lui, revient à ouvrir la voie à une généralisation de la corruption à tous les niveaux.
L’ancien candidat a mis en évidence les conséquences désastreuses de l’achat de voix sur la qualité de la représentation et l’efficacité des politiques publiques. Lorsque les votes sont achetés, le mandat des dirigeants est dénué de sens, et les décisions politiques sont dictées par l’opportunisme plutôt que par les besoins réels de la population. Les fonctionnaires, souvent redevables à ceux qui leur ont permis d’accéder à leurs fonctions, privilégient alors leurs intérêts personnels au détriment du service public.
Ce phénomène, selon Obi, ne se limite pas à la haute politique. Il s’étend aux syndicats, aux élections locales, aux associations et même aux élections étudiantes. « Si les dirigeants locaux mènent leurs élections de la même manière, la leçon à retenir pour les plus jeunes est claire : l’influence est à vendre », a-t-il averti, dénonçant une normalisation de la corruption qui érode la confiance dans les institutions.
Obi a regretté une occasion manquée par la Chambre des Représentants, qui a récemment rejeté une proposition visant à criminaliser l’achat de voix lors des primaires. « Soit ils s’en moquent, soit ils en profitent », a-t-il déclaré, estimant que ce refus envoie un signal négatif et compromet les efforts pour renforcer l’intégrité du processus électoral. Il a accusé la Chambre de choisir de « protéger un système défaillant plutôt que de sauvegarder l’avenir de la nation ».
Pour inverser cette tendance, Obi plaide pour une action globale et coordonnée. Il propose de criminaliser l’achat de voix dès le niveau des primaires, en définissant clairement les infractions, en imposant des sanctions dissuasives et en créant des organismes indépendants chargés d’enquêter. Il insiste également sur la nécessité d’une discipline de parti rigoureuse et d’une éducation civique renforcée, notamment auprès des jeunes, afin de leur inculquer la valeur de leur choix et de les sensibiliser aux dangers de la corruption.
« Il n’existe pas de solution magique », a-t-il reconnu, soulignant la complexité du problème et la nécessité d’une approche multidimensionnelle. Il a toutefois exprimé un certain espoir en constatant l’existence de militants et de dirigeants communautaires qui résistent à la tentation de la corruption et s’efforcent de promouvoir une éthique différente.
Enfin, Obi a souligné la responsabilité de la société dans son ensemble. Il a estimé que l’acceptation tacite de l’achat de voix par les communautés et les familles contribue à perpétuer le problème. Il a appelé à une reconstruction des valeurs morales et civiques, en insistant sur le fait que la fonction publique n’est pas une marchandise à acheter, mais une responsabilité à mériter.
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