Publié le 21 octobre 2025 à 22h55. L’administration américaine a annoncé l’abandon, pour l’instant, d’un sommet prévu à Budapest entre le président Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, compromettant ainsi les efforts récents pour trouver une issue au conflit en Ukraine.
- Un sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, initialement envisagé à Budapest, est reporté sine die.
- Les divergences profondes entre Washington et Moscou sur la résolution de la guerre en Ukraine, notamment concernant un cessez-le-feu, sont à l’origine de cette décision.
- Les discussions entre le secrétaire d’État américain et le ministre russe des Affaires étrangères n’ont pas permis de débloquer la situation.
La Maison Blanche a confirmé ce mardi qu’une rencontre entre le président américain Donald Trump et Vladimir Poutine, à Budapest, n’était pas prévue dans un avenir proche. Cette décision intervient après une semaine de spéculations, Trump ayant initialement annoncé son intention de rencontrer Poutine pour négocier une fin au conflit ukrainien.
Selon un responsable de l’administration, cette volte-face fait suite à un entretien téléphonique entre le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Bien que qualifié de “productif”, cet échange n’a pas suffi à justifier une rencontre en face-à-face, compte tenu des désaccords persistants entre les deux pays.
Les divergences portent principalement sur la manière de résoudre la guerre en Ukraine. Washington privilégie un cessez-le-feu le long de la ligne de front actuelle, une proposition soutenue par plusieurs dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, Keir Starmer et Ursula von der Leyen. Donald Trump avait d’ailleurs approuvé cette idée après une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky vendredi dernier.
« Il faut que ça s’arrête tel quel […] Coupez et arrêtez-vous sur la ligne de bataille. Rentrez chez vous. Arrêtez de vous battre, arrêtez de tuer des gens. »
Donald Trump, président des États-Unis
La Russie, en revanche, rejette fermement cette proposition. Sergueï Lavrov a déclaré qu’une cessation des hostilités serait une “contradiction” avec les accords conclus lors d’un sommet à Anchorage, en Alaska, en août dernier. Moscou insiste sur des exigences maximalistes, notamment le retrait complet des troupes ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, la démilitarisation de l’Ukraine et l’abandon définitif de toute perspective d’adhésion à l’OTAN.
Selon plusieurs médias internationaux, la Russie considère que l’offre américaine est insuffisante et qu’elle ne tient pas compte des causes profondes du conflit. La possibilité que les États-Unis fournissent des missiles Tomahawk à l’Ukraine a également exacerbé les tensions, Zelensky affirmant que l’intérêt de la Russie pour la diplomatie a diminué après la décision de Trump de ne pas envoyer ces armes.
Donald Trump a déclaré s’attendre à recevoir prochainement une mise à jour sur sa stratégie vis-à-vis de la Russie et de l’Ukraine. Interrogé sur le choix de Budapest comme lieu de rencontre, il a répondu : « Je ne veux pas d’une réunion gâchée. Je ne veux pas perdre de temps, alors je vais voir ce qui se passe. »
Ce sommet aurait été la deuxième rencontre entre Trump et Poutine après celle d’Anchorage. Un haut diplomate européen, cité par l’agence Reuters, estime que « les Russes en voulaient trop et il est devenu clair pour les Américains qu’il n’y aurait pas d’accord pour Trump à Budapest ». Les conversations entre Rubio et Lavrov se poursuivront par téléphone, mais un diplomate européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat à CNN, a souligné que « négocier avec Lavrov est dans une certaine mesure une distraction, alors que les discussions importantes se déroulent uniquement avec Poutine lui-même ». La possibilité d’une rencontre entre les deux diplomates en marge du sommet de l’ASEAN en Malaisie la semaine prochaine reste toutefois ouverte.
Par ailleurs, la rencontre de vendredi entre Trump et Zelensky à Washington a été qualifiée de « déroute » par le Financial Times. Des informations du BBC et du Washington Post suggèrent que Trump aurait fait pression sur Zelensky pour qu’il cède le territoire du Donbass à la Russie, une demande catégoriquement rejetée par l’Ukraine, qui craint que cela ne serve de “tremplin” pour de futures attaques russes.
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