L’administration américaine, sous l’impulsion de l’ancien président Trump, envisageait de transformer la bande de Gaza en un pôle technologique et luxueux, un projet pharaonique estimé à plus de 112 milliards de dollars sur dix ans. Cette vision ambitieuse, révélée par le Wall Street Journal, soulève toutefois de nombreuses questions quant à sa faisabilité et à son impact réel sur la population gazaouie.
À retenir
- Les États-Unis projetaient d’investir jusqu’à 60 milliards de dollars (environ 55 milliards d’euros) en subventions et garanties de prêts pour la reconstruction de Gaza.
- Le plan ne précise pas où les deux millions d’habitants de Gaza seraient relogés pendant les travaux de reconstruction.
- L’épineuse question du désarmement du Hamas, qui contrôle Gaza depuis 2007, n’est pas abordée dans le projet.
Contexte
Ce projet de transformation radicale de Gaza n’est pas une nouveauté. Des idées similaires avaient déjà été évoquées par l’administration Trump avant les négociations de cessez-le-feu en octobre 2023, qui avaient mis fin à une guerre de deux ans. L’offensive du 7 octobre 2023, lancée par le Hamas contre Israël, et les bombardements massifs qui ont suivi ont laissé une grande partie de la bande de Gaza en ruines, rendant la reconstruction d’autant plus urgente, mais aussi plus complexe.
Selon le Wall Street Journal, l’équipe chargée de l’élaboration de ce plan était dirigée par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, et Steve Witkoff, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient. Ils ont présenté aux gouvernements et délégations étrangères une proposition détaillée sous forme de présentation PowerPoint, visant à propulser les Gazaouis de la pauvreté à la prospérité.
Ce qui change
Le plan prévoit un investissement massif de 112,1 milliards de dollars (environ 103 milliards d’euros) sur une décennie, dont 60 milliards de dollars (environ 55 milliards d’euros) proviendraient de Washington sous forme de subventions et de garanties de prêts. Cependant, des responsables américains, familiers avec le projet, soulignent qu’il reste à ce stade très préliminaire et comporte d’importantes lacunes. La question cruciale du relogement des deux millions de Gazaouis pendant la reconstruction n’a pas été résolue. De plus, le plan reste muet sur le désarmement du Hamas, organisation considérée comme terroriste par de nombreux pays, qui a pris le contrôle de Gaza en 2007 et dont l’attaque du 7 octobre a déclenché le conflit actuel.
« Malgré le caractère ouvert et compréhensible d’un projet dans sa phase initiale, le plan présente de nombreuses lacunes et laisse des questions cruciales sans réponse », a déclaré un responsable américain cité par le Wall Street Journal.
Prochaines étapes
À ce stade, le plan reste à l’état de projet. Sa mise en œuvre dépendra de nombreux facteurs, notamment l’évolution de la situation sécuritaire à Gaza, la volonté des différentes parties prenantes de coopérer et la capacité à surmonter les obstacles logistiques et financiers. Il reste à voir si l’administration américaine actuelle, sous la présidence de Joe Biden, reprendra ce projet tel quel ou proposera une approche différente pour la reconstruction de Gaza.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Coût total du plan | 112,1 milliards de dollars (environ 103 milliards d’euros) |
| Contribution américaine envisagée | 60 milliards de dollars (environ 55 milliards d’euros) |
| Population de Gaza | 2 millions d’habitants |
Sources
Wall Street Journal, rapport du 27 janvier 2024.
