Un rapport parlementaire publié à New Delhi le 9 octobre 2026 critique sévèrement la National Testing Agency et le ministère de l’Éducation pour incompétence et dysfonctionnements graves. Présenté au Rajya Sabha, le document réclame une refonte complète des concours nationaux suite à l’annulation de l’examen NEET-UG.
Les critiques du Congrès contre la gestion gouvernementale
Le parti du Congrès a publiquement demandé à l’exécutif de prendre la mesure des dysfonctionnements mis en lumière. Les critiques visent directement les autorités pour avoir nié l’existence de fraudes antérieures lors des épreuves de sélection.
Selon les déclarations de Jairam Ramesh, secrétaire général du parti chargé de la communication, le ministère aurait induit la commission en erreur en affirmant qu’aucune fuite de sujets n’avait entaché les concours depuis la création de l’agence en 2017. L’examen NEET-UG 2026 a été annulé le 12 mai dernier, tout juste un an après les épreuves tenues le 3 mai, en raison de suspicions de tricherie.

Le document a été rédigé sous la direction de Mukul Wasnik, député du Rajya Sabha appartenant au parti du Congrès. Le rapport souligne par ailleurs que le poste de directeur général de l’agence a été occupé par intérim pendant la période séparant les fuites des examens constatées en 2024 et celles de 2026.
Le ministère de l’Éducation a fait la déclaration manifestement fausse et audacieuse devant le comité parlementaire selon laquelle aucune fuite de sujet n’a eu lieu dans un examen mené par la NTA depuis sa formation en 2017 jusqu’en 2025. Il y a eu neuf fuites de sujets et irrégularités connus dans les examens menés par la NTA.
Les lacunes structurelles de la National Testing Agency
Le document parlementaire pointe une structure administrative jugée fragile et excessivement dépendante de prestataires extérieurs. Toutes les fonctions occupées le sont par le biais du système de détachement.
En outre, la direction générale de l’établissement a fonctionné sous un régime d’intérim pendant une période prolongée entre juin 2024 et avril 2026. Pour les auteurs du rapport, cette situation témoigne d’un manque d’ancrage institutionnel durable. Le texte rappelle également que l’organisme fonctionne sous le statut d’une société privée enregistrée en vertu de la loi sur l’enregistrement des sociétés de 1860, et échappe ainsi à un contrôle direct par la représentation parlementaire.

Sécurisation des épreuves et passage au numérique
Face à la récurrence des fraudes, la commission suggère de modifier en profondeur les méthodes de composition des épreuves. La création d’une banque de questions diversifiée et mise à jour en continu est présentée comme le meilleur rempart contre les fuites. Les épreuves ne seraient plus rédigées des mois à l’avance, mais générées à partir de cette base numérique sécurisée.
Le plan de réforme préconise en outre une transition progressive vers des tests informatisés pour le concours médical. Cette mutation technologique doit toutefois s’accompagner de garanties matérielles rigoureuses.
Recommandations pour les centres et la logistique des concours
Le rapport s’intéresse également aux conditions matérielles de passation des épreuves pour les candidats à travers le pays. Les examinateurs ont parfois recours à des centres privés qui se sont avérés être les maillons faibles de la chaîne de sécurité. La commission demande l’établissement public d’un registre national des prestataires frappés d’interdiction.
D’autres mesures pratiques visent à réduire le stress des étudiants le jour J. Le texte suggère ainsi que les administrations locales interdisent la tenue de rassemblements ou de cortèges politiques aux abords des centres d’examen afin d’éviter les retards liés aux perturbations de circulation. De plus, la commission demande la mise en place d’un protocole d’accès pour les candidats arrivant avec quelques minutes de retard, leur permettant d’intégrer la salle après signature d’un engagement sans allocation de temps supplémentaire.