Publié le 2 octobre 2025. Une étude américaine révèle que la quasi-totalité des patients atteints de cancer sont exposés à des informations erronées concernant leur traitement, souvent de manière involontaire, soulignant la nécessité d’une meilleure information et d’un dialogue renforcé avec les équipes médicales.
- 93 % des patients interrogés ont été confrontés à au moins une forme de désinformation sur le traitement du cancer.
- La plupart de ces expositions se produisent passivement, lors de conversations avec l’entourage, et non par une recherche active d’informations.
- Des chercheurs de l’Université de Floride développent un outil pour aider les médecins à identifier et à contrer ces fausses informations.
La désinformation concernant le traitement du cancer – incluant traitements non prouvés, mythes et idées fausses – peut miner la confiance entre patients et médecins, retarder l’accès à des soins adaptés et, en fin de compte, affecter l’évolution de la maladie. C’est ce que met en évidence une étude récente publiée le 6 septembre dans le Journal of Cancer Education.
L’équipe de recherche de l’Université de Floride a mené une enquête auprès de 110 patients ayant reçu un diagnostic récent (moins de six mois) de cancer du poumon, de la prostate, du sein ou colorectal. L’étude, basée sur un outil d’évaluation appelé ECTM (outil d’exposition au traitement du cancer et à la désinformation), a permis de déterminer le type d’informations erronées auxquelles les patients avaient été exposés, leur source et la manière dont ils y ont été confrontés.
Les résultats sont alarmants : 93 % des participants (n=102) ont déclaré avoir entendu au moins une affirmation non fondée sur le traitement du cancer, et 79 % ont été exposés à au moins un mythe ou une idée fausse répertoriés par le National Cancer Institute.
Un aspect particulièrement préoccupant est le caractère souvent passif de cette exposition. Les patients sont plus susceptibles d’entendre des informations erronées lors de conversations avec leurs proches qu’en effectuant eux-mêmes des recherches en ligne. Les réseaux sociaux sont également une source importante de désinformation.
« Vous ne cherchez pas nécessairement si la vitamine C peut guérir le cancer, mais vous commencez à être exposé à ce type de contenu »,
Naomi D. Parker, scientifique adjointe au Département des résultats de la santé et de l’informatique biomédicale de l’Université de Floride.
Les chercheurs, dirigés par Naomi D. Parker, Ph.D. et Carma Bylund, Ph.D., professeur et directrice associée de l’éducation dans le même département, soulignent que les patients sont particulièrement vulnérables dans les premiers mois suivant leur diagnostic, période durant laquelle ils sont submergés d’informations et doivent prendre des décisions cruciales.
Ils notent également que les patients ne discutent pas toujours des informations qu’ils trouvent en ligne avec leurs médecins, ce qui crée un fossé dans la communication clinique et peut affecter leur adhésion aux traitements recommandés.
Face à cette situation, les chercheurs développent une initiative de « prescription d’information » destinée à orienter les patients vers des sources fiables, telles que l’ American Cancer Society. L’objectif est d’aider les médecins à aborder la question de la désinformation de manière proactive et à guider leurs patients vers des informations validées.
« Les cliniciens devraient partir du principe que leurs patients ont été exposés à diverses informations sur le traitement du cancer, qu’ils aient ou non effectué eux-mêmes des recherches en ligne »,
« Les cliniciens devraient partir du principe que leurs patients ont été exposés à diverses informations sur le traitement du cancer, qu’ils aient ou non effectué eux-mêmes des recherches en ligne »,
Carma Bylund, Ph.D., professeur et directrice associée de l’éducation au Département des résultats de la santé et de l’informatique biomédicale de l’Université de Floride.
L’équipe de l’Université de Floride prévoit de valider l’outil ECTM auprès de populations plus diverses et d’évaluer l’efficacité des interventions visant à limiter l’influence de la désinformation sur les choix de traitement des patients atteints de cancer.
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