Publié le 17 novembre 2025 13h46. Les incendies de forêt, exacerbés par le changement climatique, affectent de manière disproportionnée les communautés les plus vulnérables, qui reçoivent trop peu de soutien financier. Des chercheurs plaident pour une meilleure reconnaissance de ces pertes au sein du Fonds mondial pour les pertes et dommages, et pour un investissement accru dans la prévention et la gestion locale.
- Une étude récente souligne que le changement climatique a multiplié par 30 à 70 le nombre d’incendies extrêmes dans le nord-est de l’Amazonie.
- Les communautés locales et autochtones, souvent les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre, sont les plus touchées par ces incendies et manquent de ressources pour s’adapter.
- Des ateliers multipartites ont mis en évidence la nécessité d’une collaboration accrue entre scientifiques, décideurs politiques et communautés locales pour une gestion plus efficace des incendies.
La menace croissante des incendies de forêt, amplifiée par le réchauffement climatique, est insuffisamment prise en compte par les politiques climatiques internationales, selon une nouvelle étude publiée dans Communications Terre et Environnement. Les conséquences dévastatrices de ces feux affectent les communautés les plus vulnérables à travers le monde, sans qu’un soutien adéquat ne leur soit apporté.
Fiona Spuler, co-auteure de l’étude et chercheuse à l’Université de Reading, explique :
« Les communautés les plus durement touchées par les incendies de forêt liés au climat sont souvent les moins responsables des émissions mondiales, mais elles restent sans soutien significatif. »
Fiona Spuler, co-auteure de l’étude, Université de Reading
Elle souligne l’importance de passer d’une approche axée sur la lutte contre les incendies après leur déclenchement à un investissement dans la prévention, la préparation et la gestion communautaire.
L’étude met en avant le rôle crucial des peuples autochtones et des communautés locales, qui possèdent une connaissance approfondie de la gestion des incendies. Cependant, faute de ressources et de reconnaissance, ils ne peuvent pas pleinement protéger leurs terres, leurs vies et leurs moyens de subsistance.
De nombreuses conclusions de l’étude proviennent d’un atelier multipartite organisé à Brasilia en septembre 2025, co-dirigé par Fiona Spuler. Cet atelier a réuni des pompiers volontaires, des membres des communautés autochtones, des scientifiques spécialisés dans les feux de forêt et le climat, des décideurs politiques et des experts en financement climatique. L’objectif était d’identifier les lacunes dans la gouvernance des incendies, les mécanismes de financement et les approches fondées sur la justice climatique.
L’atelier a également souligné la nécessité de créer des espaces de dialogue et de collaboration entre les sciences, les politiques et les communautés locales et autochtones. À l’issue de l’événement, un pompier communautaire a déclaré :
« J’ai appris qu’il y a des gens en dehors du Brésil qui voient la nature avec affection, foi et, surtout, science. Et cela m’a apporté plus de foi dans l’humanité. »
Pompier communautaire (non nommé)
Les conclusions de l’atelier s’appuient également sur le deuxième État des incendies de forêt, une étude internationale co-écrite par Fiona Spuler et Douglas Kelley du Centre d’écologie et d’hydrologie. Ce rapport révèle que le changement climatique a considérablement augmenté la fréquence et l’intensité des incendies extrêmes à l’échelle mondiale, avec des conséquences désastreuses en Amazonie, en Australie, en Afrique, en Europe du Sud, au Canada et aux États-Unis. Les coûts, en termes de dommages et de pertes humaines dues à l’exposition à la fumée, se chiffrent en milliards de dollars.
Le Fonds pour les pertes et dommages, créé lors de la COP28 à Dubaï, risque de ne pas répondre aux besoins des communautés touchées par les incendies de forêt si ces impacts ne sont pas explicitement reconnus dans l’allocation des ressources. Le premier appel à propositions du Fonds sera lancé lors de la COP30 à Belém.
Les résultats de l’atelier et les conclusions de l’étude seront présentés lors de deux événements à la COP30 par Douglas Kelley et Maria Barbosa, chercheuse brésilienne spécialisée dans les incendies de forêt au Centre britannique d’écologie et d’hydrologie, en présence de décideurs politiques et de membres des communautés concernées :
Feux de forêt : science, histoires et stratégies pour la résilience en Amazonie
Date : 17 novembre 2025, 12h30 – 14h00
Pavillon du Royaume-Uni
Renforcer la résilience grâce à la gestion intégrée des incendies : politiques, alerte précoce et sauvegardes
Date : 19 novembre 2025, 13h15 – 14h45
Salle des événements parallèles 5
Images :
En haut : un incendie de forêt à Sao Jorge, au Brésil (crédit : Ana (Nani) Maria Vela de la Fondation Avina)
Au milieu : Les pompiers de Sao Jorge avec des chercheurs. Fiona Spuler est en bas à gauche. (crédit: Ana (Nani) Maria Vela de la Fondation Avina)
En bas : Fiona Spuler s’exprimant lors d’un atelier multipartite de recherche sur les incendies de forêt à Brasilia en septembre 2025.
Commentaire : M. da Veiga, R., F. Barbosa, ML, Spuler, FR et coll. La reconnaissance des pertes et dommages causés par les incendies de forêt est essentielle à la justice climatique. Commun Terre Environnement 6, 898 (2025). https://doi.org/10.1038/s43247-025-02968-w
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