Publié le 24 octobre 2025. Une étude récente révèle un intérêt croissant des consommateurs pour le bien-être animal, en particulier en ce qui concerne les poules pondeuses, mais cet intérêt varie selon l’âge, le niveau d’éducation et les habitudes alimentaires.
- Les jeunes de moins de 35 ans et les étudiants sont plus informés sur les enjeux liés au bien-être animal.
- Les consommateurs italiens montrent une sensibilité accrue au bien-être des poules, une évolution notable par rapport à la situation d’il y a une dizaine d’années.
- La connaissance des races locales italiennes (LHB) est corrélée à un intérêt plus marqué pour la qualité des œufs et les circuits courts.
L’attention portée au bien-être des poules pondeuses progresse chez les consommateurs, mais de manière inégale. Une enquête menée récemment a mis en évidence des tendances intéressantes, notamment une plus grande sensibilisation chez les jeunes et une prise de conscience croissante de l’importance des méthodes d’élevage respectueuses des animaux.
Contrairement à certaines observations dans d’autres pays comme la Chine, le Brésil ou certains pays européens, où les jeunes générations sont généralement plus sensibles au bien-être animal que leurs aînés, l’étude révèle qu’en Italie, ce sont les participants plus âgés qui se montrent les plus attentifs au bien-être des poules. Cette particularité souligne l’importance de prendre en compte les spécificités culturelles et régionales dans l’analyse des attitudes des consommateurs.
Les personnes travaillant ou étudiant dans le secteur agroalimentaire affichent également une sensibilité particulière au bien-être animal. Une étude menée au Costa Rica a par exemple montré que les étudiants en agronomie considéraient les actions causant des souffrances inutiles aux animaux comme moralement inacceptables. Valverde et al. (2024) ont souligné cette prise de conscience croissante au sein de la communauté agricole.
L’évolution des mentalités est notable. En 2011, une étude italienne Vecchio et Annunziata (2012) révélait que seulement 13 % des consommateurs manifestaient un intérêt marqué pour le bien-être animal et étaient prêts à payer plus cher pour des œufs issus de systèmes d’élevage alternatifs. Aujourd’hui, plus de 50 % des personnes interrogées accordent une grande importance au bien-être des poules dans leurs décisions d’achat, un chiffre qui dépasse même les 60 % selon les données de l’étude. Harju et al. (2024) confirment cette tendance positive à l’échelle européenne.
Un aspect intéressant concerne l’intérêt pour les races locales italiennes (LHB). Les personnes connaissant ces races sont plus susceptibles d’être informées des enjeux environnementaux et de valoriser les circuits courts. Elles considèrent également que les LHB peuvent contribuer à produire des œufs de haute qualité nutritionnelle. Sirri et al. (2018) ont déjà mis en évidence les qualités nutritionnelles prometteuses des œufs de poules Romagnola, une race locale italienne.
Les habitudes alimentaires jouent également un rôle. Les personnes qui consomment de la viande ont tendance à accorder moins d’attention au bien-être animal que celles qui ne consomment pas de viande, notamment les végétaliens et les végétariens, dont les choix alimentaires sont souvent motivés par des préoccupations éthiques et le respect du bien-être animal. Vestergren et Uysal (2022) ont souligné que le bien-être animal est une motivation majeure pour l’adoption d’un régime végétalien.
Enfin, l’étude révèle que la couleur de la coquille d’œuf n’influence pas significativement l’attention portée au bien-être des poules. Cependant, les consommateurs ouverts à l’achat d’œufs de couleurs non conventionnelles (rose, bleu, vert, chocolat) sont plus susceptibles de se soucier du bien-être animal. Les préférences en matière de couleur des œufs varient considérablement selon les cultures, avec une préférence pour les coquilles blanches au Japon, en Amérique du Nord et en Amérique centrale, et pour les coquilles brunes en Amérique latine, en Europe et en Chine. Preisinger (2018) a souligné ces différences culturelles.
L’étude présente certaines limites. Le questionnaire a été diffusé principalement via les réseaux sociaux, ce qui pourrait exclure une partie de la population âgée. De plus, l’enquête a été menée en italien, ce qui limite sa portée géographique. Enfin, la production relativement faible des LHB (environ 150 œufs par an, contre 300 pour les poules pondeuses commerciales) et leur sensibilité saisonnière constituent des défis pour leur développement.
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