Publié le 26 octobre 2023 16h02. La Thaïlande est en deuil après la mort de la reine Sirikit, figure emblématique et mère de la nation, décédée à l’âge de 93 ans. Un hommage national d’une ampleur exceptionnelle a été rendu à Bangkok, témoignant de l’affection profonde que lui portait le peuple thaïlandais.
- Des dizaines de milliers de personnes ont assisté au cortège funéraire de la reine Sirikit à Bangkok.
- La reine Sirikit était considérée comme une figure maternelle et un symbole de stabilité pour la Thaïlande.
- Une année de deuil national a été décrétée, et des centaines de milliers de personnes sont attendues pour rendre hommage à la reine.
Bangkok s’est figée dans le recueillement ces derniers jours, alors que le royaume thaïlandais disait adieu à sa reine Sirikit. Le cortège funéraire, qui a débuté au King Chulalongkorn Memorial Hospital, où la souveraine s’est éteinte vendredi, a traversé une dizaine de kilomètres jusqu’au Grand Palais, sous le regard silencieux et ému d’une foule immense.
Dès l’aube, des milliers de personnes s’étaient rassemblées le long du parcours, brandissant des portraits de la reine, souriante et bienveillante, telle qu’elle était perçue par le peuple thaïlandais depuis des décennies. Beaucoup tenaient à la main des lotus blancs, fleurs symbolisant la pureté et la renaissance dans la culture thaïlandaise. Des moines ont psalmodié des prières, tandis que des bougies ont été allumées dans les villages et les villes du pays.
Le roi Maha Vajiralongkorn et la reine Suthida ont mené le cortège, suivis de la princesse Sirivannavari et du prince Dipangkorn Rasmijoti. Au cœur du défilé, le carrosse argenté, orné de dorures et de fleurs d’orchidée blanche, les préférées de la reine, transportait son cercueil.
À son arrivée au Grand Palais, peu après 17 heures, le roi a accueilli le cercueil de sa mère, qui a ensuite été déposé dans la salle du trône Dusit Maha Prasat. Des centaines de milliers de personnes sont attendues dans les jours et les semaines à venir pour rendre un dernier hommage à la reine.
La reine Sirikit était bien plus qu’une monarque. Elle était le cœur de la nation thaïlandaise, incarnant l’élégance, la bonté et la proximité avec le peuple. Dans les années 1960, elle avait été comparée à Jackie Kennedy par les médias occidentaux, mais pour les Thaïlandais, elle restait avant tout « Mae Luang » – la grande mère. Son anniversaire, le 12 août 1932, a même été officiellement proclamé jour de la fête des mères en Thaïlande.
Son engagement en faveur de l’éducation, de l’artisanat et des projets sociaux a marqué des générations. Elle était particulièrement attachée à la condition des femmes en milieu rural, devenant un symbole d’empathie et de force.
« Elle nous a montré que l’amour et la sollicitude sont plus puissants que le pouvoir »,
une étudiante bangkokoise
Le roi Maha Vajiralongkorn a décrété un an de deuil national, et le gouvernement thaïlandais a ordonné 30 jours de pavoisement en berne. Les citoyens ont été invités à porter des vêtements noirs, et les présentateurs de télévision ont respecté cette consigne. Bangkok, habituellement animée, était plongée dans un silence respectueux, seulement rompu par le son discret des cloches des temples.
Le legs d’une reine
La reine Sirikit incarnait un visage moderne et ouvert de la Thaïlande, tout en restant profondément enracinée dans ses traditions et sa religion. Ses 66 années de mariage avec le roi Bhumibol (décédé en 2016 à l’âge de 88 ans) ont été considérées comme un modèle d’amour et de stabilité. Ensemble, ils ont donné à la monarchie une dimension humaine.
Aujourd’hui, alors que la Thaïlande lui dit adieu, son héritage perdure – dans le cœur des gens, dans les écoles, dans les villages, chez tous ceux qui ont eu la chance de la voir ou de l’entendre.
« Reposez en paix, notre reine »,
a crié une femme alors que le cortège passait
. « Vous resterez à jamais notre mère. »
Un pays en deuil. Une époque qui s’achève. Mais l’amour demeure.
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